La semaine s'annonce décidément dense : avant le débat national sur la transition énergétique qui commencera jeudi 29, c'est au tour de la 18e conférence sur le climat de l'ONU qui s'ouvre aujourd'hui à Doha.
Cataclysme en 2060
Drôle d'ambiance pour cette nouvelle conférence dont l'ouverture a été saluée la semaine dernière par une salve de rapport plus alarmistes les uns que les autres. Publié le 21 novembre, celui du Programme des Nations Unies pour l'environnement montre que les émissions actuelles sont déjà supérieures à l'objectif fixé pour 2020 et qu'elles continuent de croître. Dans ces conditions, limiter le réchauffement global de la planète à 2°C, l'objectif fixé à Copenhague en 2009, semble de plus en plus difficile. C'est aussi l'avis de la Banque Mondiale qui, dans un rapport publié le 18 novembre, estime que la trajectoire actuelle conduit à un réchauffement de 4°C dès 2060. Dans ce cas, "une cascade de changements cataclysmiques (...) frappant des centaines de millions de personnes" façonneraient un monde "tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu'il est difficile de le décrire". Enfin, l'Agence Européenne de l'environnement a conclu en décrivant les effets déjà visibles du réchauffement climatique sur le continent européen, y compris l’accroissement des inégalités socio-économiques.
Mon blog défend les camping cariste et à ce titre, je vous demande d'améliorer vos camping cars sur les points suivants :
construction
pour la durabilité ; non aux constructions sur ossature bois, même pour les camping car entrée de gamme
oui au châssis Alko qui améliore grandement la tenue de route
oui au porte à faut inférieur à 1,55m qui dispense de vérins stabilisateurs à l'arrêt, et de frais de remorquage importants
oui au double plancher qui améliore l'isolation, qui permet de passer les gaines techniques et qui augmente les capacités de rangement pour les petits camping car
non au porte à faux important qui nécessite des béquilles à l'arrière
non aux charges utiles inférieures à 500 kg
oui au toit protégé contre la grêle et qui supporte 2 panneaux solaires de 150 W
oui à la limitation du nombre de lanterneaux sur le toit qui augmentent la température intérieure l'été
oui à l'amélioration de l'isolation contre le froid et la chaleur ; les protections doivent être renforcées ; lire
oui à la fournitures de la moustiquaire de porte en standard ainsi que l'occultation du parebrise pour la nuit
oui au montage d'un ventilateur derrière le réfrigérateur pour qu'il fonctionne par temps chaud
oui à la visserie inox pour toutes les parties qui ne sont pas à l'intérieur de la cellule
prévoir en option l'amélioration de la protection anti corrosion sous le véhicule, le pré câblage pour la caméra de recul et des caméras avant, les panneaux solaires et un générateur électrique
installer en standard un TRUMA Duo Control CS si 2 bouteilles de gaz
livrer un coffre à gaz avec possibilité d'installer 2 bouteilles GPL de 11 kg avec filtre TRUMA ; offrir le GPL en option
le design c'est bien, mais il ne faut pas oublier l'ergonomie (essentiel)
services
faire homologuer les véhicules réservoir d'eau propre plein et non à peine plein (pour augmenter artificiellement la charge utile)
livrer un réservoir d'eau grise de même contenance que celui d'eau propre
mettre en option le réfrigérateur à compression avec de quoi l'alimenter électriquement ; voir mon article sur le sujet
compartimenter les rangements, et prévoir des points d'ancrage (un camping car roule !)
de même les super tiroirs de cuisine ne doivent pas s'ouvrir tous seuls lors de virages serrés
livrer un manuel d'utilisation du camping car (même sur support électronique)
pourquoi pas une batterie de service en 24V, ce qui permettrait d'utiliser sans problèmes un réfrigérateur à compression de 130 litres, et permettrait aussi une meilleure utilisation de l'énergie solaire ; merci de penser au 48V sur lequel travaillent tous les constructeurs auto
fournir une centrale électrique intelligente, qui respecte la courbe de charge relative à chaque type de batterie y compris le lithium (à mettre en option sur les camping car) ; et qui permette de recharger proprement un parc de batteries jusqu'à 300 Ah, y compris avec 300 W de panneaux solaires
contrôle qualité
améliorer le contrôle qualité avant livraison aux utilisateurs ; des campings car neufs ont des joints de toit ou de douche non faits dans les règles de l'art, et bien d'autres soucis pour les acheteurs
contrôler le réseau de revendeurs ; certains portent atteinte à la réputation de votre marque
boycotter en attendant les remèdes, les constructeurs de fourgons dont les moteurs ont des pannes à répétition
fournir une garantie étanchéité de 12 ans (comme TEC/LMC le fait)
Enfin, merci d'indiquer dans votre catalogue ou sur votre site web, le mode de construction.
Merci de prendre en compte ces remarques pour vos futures constructions. Sincères salutations.
Le changement climatique nous mène droit à une catastrophe sans précédent, nous le savons, nous avons les moyens de réagir, et nous ne faisons rien ou si peu. Lorsqu'il est écrit au présent, ce constat est déjà connu, banal même, au point qu'il devient difficile de s'en alarmer sans passer pour un vieux radoteur de mauvais augure.
Alors pourquoi ne pas tenter de l'écrire au passé ? C'est l'expérience que tentent Erik Conway et Naomi Oreskes, déjà auteurs des Marchands de doutes, dans L'effondrement de la civilisation occidentale publié ces jours-ci.
Récit d'une catastrophe qui aurait dû être évitée
Le postulat de départ est simple : notre époque n'est pas parvenue à prendre la mesure du danger que représente le changement climatique et les émissions de gaz à effet de serre ont continué à augmenter. Au milieu du XXIe siècle, les effets de ce dérèglement sont devenus massifs entrainant une panique mondiale et le recours à la géo-ingénierie. Malgré de premiers résultats encourageants, cette solution a dû être rapidement abandonnée à cause d'effets secondaires incontrôlables. Les températures ont rebondit, puis se sont emballées avec le dégel du permafrost, et la hausse a atteint 11°C. En 2073, les calottes polaires nord et sud se sont effondrées faisant monter le niveau de la mer de 7 mètres. Ce "grand effondrement" a emporté avec lui la plupart des gouvernements : 1.5 milliards de personnes ont été contraintes de migrer vers l'intérieur des terre, les épidémies ont ravagé la population et le taux d'extinction a atteint 70%. Ce n'est qu'au tournant du XXIIe siècle, avec la dissémination de végétaux absorbant rapidement le dioxyde de carbone et l'arrivée opportune d'un minimum solaire, que les survivants ont pu commencer à reconstruire.
Le pire s'est réalisé, donc, et le narrateur, un historien de la fin du XXIVe siècle, tente de comprendre comment.
L’objectif n’est pas de tout voir, mais d’avoir une vue générale ; bien sûr nous y retournerons.
J’ai réalisé une feuille de route pour vous montrer comment je prépare mon voyage.
La colonne VILLE indique les villes successives où nous passerons, la colonne BIVOUAC indique le nom des campings choisis, la colonne Commentaires leur point GPS ainsi que les services offerts ; enfin la colonne A voir dans les environs est à lier avec les commentaires du guide Michelin.
Le 15 mars, Peabody Energy n'a pas pu trouver les 71 millions de dollars d’intérêts qu'il devait verser à ses créanciers. Le charbonnier américain dispose maintenant d'un délai de grâce de 30 jours pour honorer ses engagements après quoi il sera officiellement en défaut de paiement. Sauf coup de théâtre l'entreprise devrait donc se déclarer en banqueroute avant mi-avril et réclamer la protection de la loi américaine sur les faillites.
Ce serait l'aboutissement d'une longue descente aux enfers : il y a 5 ans, les actions de Peabody s'échangeait à plus de 1000$, début 2013 elles valaient encore 300$, 100$ en 2015... et autour de 2.5$ aujourd'hui. L'entreprise croule sous les dettes : près de 6 milliards de dollars, plus de 100 fois sa valeur en bourse... Et elle a encore perdu 2 milliards l'année dernière.
Cette chute est d'autant plus remarquable que Peabody Energy n'est pas n'importe quel charbonnier. Créée en 1883, c'est, ou c'était, le plus grand producteur de charbon privé de la planète et le leader du secteur aux États-Unis.
Peabody est aussi un des pilier du lobby pro-charbon (et par extension anti-climat) à Washington. Malgré ses difficultés, l'entreprise a encore dépensé plus de 2 millions de dollars l'année dernière pour influencer ou soutenir des dizaines d'initiatives parlementaires. Ses lobbyistes ont été omniprésents sur tous les sujets en lien avec le climat, la pollution de l'air ou le "charbon propre". En 2014, Peabody s'était même lancé dans une campagne mondiale en faveur du charbon sous le nom d'Advanced energy for life.
Le charbon est-il en train de rejoindre les livres d'histoire ?
Les ennuis de Peabody Energy sont loin d'être isolés : 49 charbonniers américains ont fait faillite depuis de 2012. Le dernier en date, Arch Coal, qui s'est déclaré en banqueroute début janvier était le n°2 du secteur aux États-Unis après Peabody. En Chine, qui est de loin le premier producteur et le premier consommateur, la production de charbon thermique (celui qui est utilisé pour produire de l'énergie contrairement au charbon métallurgique) s'est effondré de 6% depuis le début de l'année. Une restructuration à haut risque s'annonce avec la fermeture de 1000 mines en 2016 et le licenciement de centaines de milliers de mineurs. En Inde, troisième consommateur après la Chine et les États-Unis, des mines sont contraintes de se mettre à l'arrêt faute de pouvoir écouler leurs stocks. L'équivalent d'un sixième de la production annuelle attend déjà sur le carreau des mines ou dans les centrales. Même chez nos voisins allemands où la consommation de charbon reste élevée, les opérateurs de mines et de centrales, notamment Eon et RWE, sont à peine en meilleure forme que leurs confrères américains. Les dernières mines de houilles vont d'ailleurs être fermées dans les 2 années qui viennent et une "sortie du charbon" s'ébauche.
Alors est-ce la fin du charbon ? Probablement pas : malgré la crise qu'il traverse, nous ne sommes pas prêt à nous en passer.
Même si on en entend rarement parler, le charbon représente encore un quart de l'énergie consommée sur la planète et surtout il reste d'assez loin la première source d'électricité : 39% contre 22% pour le gaz. De plus, la plupart des centrales à charbon sont récentes : la moitié environ ont moins de 20 ans alors que leur durée de vie est dépasse 40 ans. Il est donc peu probable que le charbon recule significativement avant au moins deux décennies.
Age des centrales à charbon dans le monde (source : AIE, 2012)
Le chapitre final de l'histoire du charbon reste encore largement à écrire, une seule certitude : il ne ressemblera pas à l'avenir mirifique que les publicistes de Peabody imaginaient il y a encore quelques mois...
En bref, mettre une installation à la terre signifie la relier au sol. La mise à la terre est essentielle pour la sécurité des personnes et le bon fonctionnement des appareils. En particulier, un groupe électrogène doit être correctement mis à la terre.
Noter que la prise de terre à laquelle est relié le groupe électrogène ne doit pas être la même que celle qui est reliée au tableau électrique de votre installation (terre des masses). Il vous faudra donc presque toujours créer une nouvelle prise de terre si vous voulez installer un groupe électrogène.
Cet article vous explique comment créer une mise à la terre de bonne qualité pour votre groupe électrogène.
Les 10 et 11 octobre se déroulait à Oslo la conférence « Énergie pour tous » organisée par l’Agence Internationale de Énergie (AIE) autour d’une question : comment parvenir à un accès universel à l’énergie d’ici à 2030 ?
Le constat est abrupt : 1.3 milliards de personnes n’ont pas accès à l’électricité. 2.7 milliards de personnes n’ont d’autres moyens de cuisson que le bois ou le charbon. Un million et demi de personnes en meurt chaque année : la pollution intérieure tue plus que la tuberculose et la malaria. Sans compter que l’accès à l’énergie conditionne les progrès dans de nombreux domaines comme la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, la déforestation ou encore la place des femmes dans la société.
Et les progrès sont effroyablement lents : en 2009, seules 20 millions de personnes ont pu accéder pour la première fois à l’électricité. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, il faudrait investir près de 900 milliards de dollars en 20 ans pour parvenir à un accès universel à l’énergie en 2030. C’est 5 fois plus que ce que les investissements actuels mais ça ne représenterait qu’un part infime des sommes qui sont investies par ailleurs dans le secteur énergétique. Ce qui manque ce n’est pas l’argent, c’est la méthode. Les investissements actuels sont éclatés entre l’aide au développement (48%), les investissements publics (22%) et les investissements privés (20%). De ce point de vue, la conférence n’a pas permis d’innover si ce n’est en appelant à une meilleure collaboration entre investisseurs privés et donateurs dans des projets rentables commercialement (selon le modèle mis au point par EDF et adopté par la banque mondiale).
Ce défi est la face oubliée de la raréfaction des ressources et de la lutte contre le changement climatique : Au moment même où nous devons collectivement limiter notre consommation, des milliards d’habitants de la planète voient leur développement ralenti ou bloqué par manque d’énergie. Et pourtant, selon les projections de l’AIE, un accès universel à l’électricité ferait augmenter la consommation d’énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre de moins de 1% !
L’ONU a décidé de faire de 2012 « l’Année internationale de l'énergie durable pour tous ».
Pour ce deuxième article dans ma série d'été consacrée aux variations du climat et à ses effets dans l'histoire, je vais vous parler du Groenland et plus spécifiquement de la colonie viking qui y a prospéré à partir de l'an mille avant de disparaitre brusquement au XVe siècle.
Le mythe climatique du Groenland et la réalité
Mais avant d'aller plus loin, anticipons sur les commentaires à venir : au café du commerce, le Groenland occupe un place importante dans les débat sur le changement climatique... Si vous discutez avec un climatosceptique, il vous dira sans doute à un moment ou à un autre que Groenland signifie "pays vert", un nom donné par les vikings, et que c'est bien la preuve que le climat était plus chaud à l'époque qu'il l'est actuellement et que donc il n'y a vraiment aucune raison de s'inquiéter.
Commençons par faire la part de la réalité et du mythe dans ces affirmations. Une chose est certaine : aucun homme n'a jamais vu le Groenland couvert de prairies, les glaciers qui le recouvrent actuellement sont âgés de 400 à 800.000 ans. Il est possible ce nom ait été choisi pour attirer plus facilement des colons (c'est en tout cas ce que raconte la Saga d'Erik le Rouge), ou bien tout simplement que l'étymologie ne soit pas aussi simple que ça...
Reste que le Groenland s'est effectivement réchauffé autour de l'an mille. La planète connaît alors pendant 2 à 3 siècle un petit réchauffement par rapport aux périodes froides qui ont précédés et suivis, c'est ce que l'on appelle l'optimum médiéval. Cette période chaude s'explique par une activité solaire plus importante, peu d'éruptions volcaniques (qui ont tendance à refroidir le climat) et des paramètres orbitaux légèrement plus favorables. Pendant l'optimum médiéval, la température moyenne de la planète est grosso-modo la même que celle qu'ont connu nos grands parents au milieu du XXe siècle. Mais cette moyenne cache des variations locales : le réchauffement a été sensiblement plus important dans l'Atlantique Nord où la température moyenne était sans doute comparable à celle que nous connaissons actuellement (Mann et al., 2009).
Pendant l'optimum médiéval, le Groenland a donc bénéficié de conditions plus favorables que pendant la période précédente mais pas très différentes de celles que vous pouvez y rencontrer si vous vous y rendez aujourd'huis.
Colonisation par les viking et disparition
C'est dans ces conditions qu'Erik le Rouge, donc, débarque au Groenland en 986 avec la ferme intention de coloniser ce territoire. Il vient d'Islande où a sévit une terrible famine, ce qui l'aide sans doute dans ses projets. Et c'est un succès : l'implantation principale se développe jusqu'à compter 200 fermes et une douzaine d'églises. Un évêque y est même nommé en 1126 - preuve qu'il ne s'agit pas seulement d'une colonie isolée mais d'une vraie ville reconnue comme telle jusqu'à Rome. Une autre implantation à 500 kilomètres au nord-ouest connaît un succès plus modeste avec 90 fermes et 4 églises. La population viking sur l'île atteint plusieurs milliers d'habitants, jusqu'à 6000 selon McGovern. C'est peu ? C'est presque autant qu'aujourd'hui : la population d'origine européenne de l'île avoisine 7000 personnes.
Leif Erikson (fils d'Erik le Rouge) découvre l'Amérique du Nord (tableau de Christian Krogh en 1893)
Et puis la success story s'arrête : la colonie nord est abandonnée vers 1350, celle du sud disparaît à son tour environ un siècle plus tard. Cette disparition a longtemps intrigué les historiens : si tous s'entendent pour reconnaître le rôle joué par le refroidissement du climat (Dugmore et al., 2007), il ne semble pas pouvoir expliquer à lui seul l'effondrement des colonies viking au Groenland. Et pour cause : l'île a d'autres habitants, les inuits, qui eux sont restés sur place et ont survécu jusqu'à nos jours !
Quand une société échoue à s'adapter
Alors pourquoi les viking disparaissent-ils lorsque le climat se refroidit mais pas les inuits ? Pour répondre à cette énigme, Thomas McGovern (1980) avance une explication intéressante que je vous propose ici : la disparition des colonies viking au Groenland ne serait pas du à une impossibilité technique de s'adapter mais au conservatisme de la société.
Pour comprendre cette théorie, il vous faut renoncer à ce que vos livres d'histoire vous ont appris : les viking, avant d'être des marins et des pillards, étaient des agriculteurs. Leur économie reposait essentiellement sur l'élevage de bovins et d'ovins. Les sédiments lacustres du Groenland confirment cette hypothèse : à partir de l'an mille, la quantité de pollen d'herbacés augmente au détriment des arbres de grande taille, on retrouve également plus de spores de champignons parasites des racines et de champignons coprophiles (Gauthier et al., 2010). Qu'est-ce que ce charabia signifie ? Que les arbres sont abattus et laissent place à des prairies, que les sols sont retournés et que des troupeaux d'herbivores prospèrent... Malgré la proximité de la mer, la pêche joue un rôle marginal dans l'alimentation des viking : près de 80% de leur nourriture est d'origine terrestre (Arneborg et al. 1999).
Malheureusement, l'essor de l'élevage ne résiste pas au refroidissement du climat : les dépôts sédimentaires montre une nette inversion de la tendance à partir de 1320. Le Groenland ne devient pas invivable pour autant : la pêche ou la chasse au phoque aurait pu fournir largement de quoi subsister. A ce moment, les viking auraient donc pu s'adapter et survivre en adoptant un mode de vie proche de celui des inuits. Mais voilà, la société viking était très hiérarchisée et inégalitaire et la possession de têtes de bétail était un marqueur important du pouvoir. Pour cette raison, les viking se sont obstinés à vivre à proximité des pâturages, même si ces zones devenaient hostiles, et à élever du bétail, même si, sous leurs yeux, les inuits s'en sortaient manifestement mieux en vivant de la pêche et de la chasse. Par ailleurs, une société très inégalitaire signifie que les élites ont les moyens d'échapper, au moins en partie, au sort de la population. Les "décideurs" vikings disposaient des meilleures terres et consommaient une large part des biens importés depuis l'Europe, grâce à ces conditions favorable ils n'ont peut-être tout simplement pas compris ce qui était en train de se passer, ou se sont cru protégés.
La morale de l'histoire
L'adaptation au changement climatique n'est pas, et de loin, une simple question technique : à la fin de l'optimum médiéval, les viking ont disparu du Groenland alors qu'à quelques kilomètres d'eux les inuits disposaient qu'un modèle économique qui leur a permis de survivre jusqu'à nos jours. Mais adopter ce modèle aurait sans doute remis trop gravement en cause le fonctionnement de leur société et la position de leurs élites. Alors que nous abordons une variation du climat bien plus importante et généralisée, ne sommes nous pas un peu dans la même situation ?
Cet article fait partie d'une série consacrée aux conséquences des changements climatiques passés pour les sociétés qui les ont subi. Déjà parus :
Quelques degrés de plus, opportunité ou menace (pour l'homme préhistorique)
Climat et politique : comment la mousson défaisait les dynasties chinoises