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Tuesday, November 22, 2016

Captage et séquestration du carbone bonne idée ou bonne excuse


Et si lutter contre le changement climatique était finalement simple ? Les deux tiers des émissions de carbone viennent de l'industrie ou du secteur énergétique, donc d'installations relativement centralisées. Il suffirait de capturer le dioxyde de carbone à la sortie des cheminées puis de le stocker dans un endroit sûr...
Science fiction ? A priori non, les technologies pour capter et stocker le carbone (CSC) existent. Alors cette perspective est-elle réaliste ?

Des technologies qui doivent changer d'ordre de grandeur


On sait certes capter le dioxyde de carbone dans les grandes installations industrielles mais l'état actuel des technologies ne permet pas d'en faire une solution au changement climatique. Pour au moins deux raisons :
  • D'abord, la capture du carbone entraîne une baisse du rendement de l'installation et un surcoût difficilement acceptables en l'état. Selon Zero emission platform, la capture du carbone fait baisser le rendement d'une centrale électrique de 6 à 11 points (c'est-à-dire qu'il passe, par exemple, de 45% à un chiffre compris entre 34 et 39%). Résultat : pour produire la même quantité d'énergie, il faut brûler plus de 10 à 25% plus de combustible et le coût de l'énergie finale augmente fortement. 
  • Ensuite, et c'est certainement une conséquence du point précédent, le captage du carbone est pratiqué aujourd'hui à une échelle insignifiante. Chaque année, nous émettons environ 40 milliards de tonnes de CO2. Pour que la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère se stabilise, il faudrait diviser ce chiffre par 3. Or à l'heure actuelle il n'existe qu'une poignée d'installations pratiquant la capture et la séquestration du carbone (Sleipern, Weyburn, In Salah, Snøhvit...) et leur capacité est typiquement de l'ordre de 1 à 2 millions de tonnes par an. On est encore très loin du compte...

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Friday, November 4, 2016

Fiche de lecture Leffondrement de la civilisation occidentale de Erik Conway et Naomi Oreskes


"L'effondrement de la civilisation occidentale" - Erik M. Conway, Naomi Oreskes
Le changement climatique nous mène droit à une catastrophe sans précédent, nous le savons, nous avons les moyens de réagir, et nous ne faisons rien ou si peu. Lorsqu'il est écrit au présent, ce constat est déjà connu, banal même, au point qu'il devient difficile de s'en alarmer sans passer pour un vieux radoteur de mauvais augure.

Alors pourquoi ne pas tenter de l'écrire au passé ? C'est l'expérience que tentent Erik Conway et Naomi Oreskes, déjà auteurs des Marchands de doutes, dans L'effondrement de la civilisation occidentale publié ces jours-ci.




Récit d'une catastrophe qui aurait dû être évitée


Le postulat de départ est simple : notre époque n'est pas parvenue à prendre la mesure du danger que représente le changement climatique et les émissions de gaz à effet de serre ont continué à augmenter.
Au milieu du XXIe siècle, les effets de ce dérèglement sont devenus massifs entrainant une panique mondiale et le recours à la géo-ingénierie. Malgré de premiers résultats encourageants, cette solution a dû être rapidement abandonnée à cause d'effets secondaires incontrôlables. Les températures ont rebondit, puis se sont emballées avec le dégel du permafrost, et la hausse a atteint 11°C. En 2073, les calottes polaires nord et sud se sont effondrées faisant monter le niveau de la mer de 7 mètres.
Ce "grand effondrement" a emporté avec lui la plupart des gouvernements : 1.5 milliards de personnes ont été contraintes de migrer vers l'intérieur des terre, les épidémies ont ravagé la population et le taux d'extinction a atteint 70%. Ce n'est qu'au tournant du XXIIe siècle, avec la dissémination de végétaux  absorbant rapidement le dioxyde de carbone et l'arrivée opportune d'un minimum solaire, que les survivants ont pu commencer à reconstruire.

Le pire s'est réalisé, donc, et le narrateur, un historien de la fin du XXIVe siècle, tente de comprendre comment.

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Tuesday, November 1, 2016

Attendez vous à en entendre parler la faillite de Peabody Energy et lavenir du charbon


"Ses mineurs,
ses actionnaires,
le Wyoming, l'Illinois et le Queensland,
le lobby du charbon
et tous ses amis

ont la douleur de vous faire part du décès de

Peabody Energy

Survenu le 14 avril 2016
au terme d'une longue maladie.

Ni fleurs, ni couronnes."


La chute d'un symbole


Le 15 mars, Peabody Energy n'a pas pu trouver les 71 millions de dollars d’intérêts qu'il devait verser à ses créanciers. Le charbonnier américain dispose maintenant d'un délai de grâce de 30 jours pour honorer ses engagements après quoi il sera officiellement en défaut de paiement.
Sauf coup de théâtre l'entreprise devrait donc se déclarer en banqueroute avant mi-avril et réclamer la protection de la loi américaine sur les faillites.

Ce serait l'aboutissement d'une longue descente aux enfers : il y a 5 ans, les actions de Peabody s'échangeait à plus de 1000$, début 2013 elles valaient encore 300$, 100$ en 2015... et autour de 2.5$ aujourd'hui.
L'entreprise croule sous les dettes : près de 6 milliards de dollars, plus de 100 fois sa valeur en bourse... Et elle a encore perdu 2 milliards l'année dernière.

Peabody Energy, le premier producteur de charbon aux Etats-Unis, est au bord du défaut de paiement et de la failliteCette chute est d'autant plus remarquable que Peabody Energy n'est pas n'importe quel charbonnier. Créée en 1883, c'est, ou c'était, le plus grand producteur de charbon privé de la planète et le leader du secteur aux États-Unis.

Peabody est aussi un des pilier du lobby pro-charbon (et par extension anti-climat) à Washington. Malgré ses difficultés, l'entreprise a encore dépensé plus de 2 millions de dollars l'année dernière pour influencer ou soutenir des dizaines d'initiatives parlementaires. Ses lobbyistes ont été omniprésents sur tous les sujets en lien avec le climat, la pollution de l'air ou le "charbon propre".
En 2014, Peabody s'était même lancé dans une campagne mondiale en faveur du charbon sous le nom d'Advanced energy for life.


Le charbon est-il en train de rejoindre les livres d'histoire ?


Les ennuis de Peabody Energy sont loin d'être isolés : 49 charbonniers américains ont fait faillite depuis de 2012. Le dernier en date, Arch Coal, qui s'est déclaré en banqueroute début janvier était le n°2 du secteur aux États-Unis après Peabody.
En Chine, qui est de loin le premier producteur et le premier consommateur, la production de charbon thermique (celui qui est utilisé pour produire de l'énergie contrairement au charbon métallurgique) s'est effondré de 6% depuis le début de l'année. Une restructuration à haut risque s'annonce avec la fermeture de 1000 mines en 2016 et le licenciement de centaines de milliers de mineurs.
En Inde, troisième consommateur après la Chine et les États-Unis, des mines sont contraintes de se mettre à l'arrêt faute de pouvoir écouler leurs stocks. L'équivalent d'un sixième de la production annuelle attend déjà sur le carreau des mines ou dans les centrales.
Même chez nos voisins allemands où la consommation de charbon reste élevée, les opérateurs de mines et de centrales, notamment Eon et RWE, sont à peine en meilleure forme que leurs confrères américains. Les dernières mines de houilles vont d'ailleurs être fermées dans les 2 années qui viennent et une "sortie du charbon" s'ébauche.

Alors est-ce la fin du charbon ? Probablement pas : malgré la crise qu'il traverse, nous ne sommes pas prêt à nous en passer.

Même si on en entend rarement parler, le charbon représente encore un quart de l'énergie consommée sur la planète et surtout il reste d'assez loin la première source d'électricité : 39% contre 22% pour le gaz.
De plus, la plupart des centrales à charbon sont récentes : la moitié environ ont moins de 20 ans alors que leur durée de vie est dépasse 40 ans. Il est donc peu probable que le charbon recule significativement avant au moins deux décennies.

Age des centrales thermiques à charbon dans le monde : la moitié de la capacité à moins de 20 ans
Age des centrales à charbon dans le monde (source : AIE, 2012)

 Le chapitre final de l'histoire du charbon reste encore largement à écrire, une seule certitude : il ne ressemblera pas à l'avenir mirifique que les publicistes de Peabody imaginaient il y a encore quelques mois...


Publié le 21 mars 2016 par Thibault Laconde


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Tuesday, October 11, 2016

Infographie Classement des 10 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030


Suite à mon article de lundi, dans lequel je détaillais les futures émissions de principaux pollueurs de la planète sur la base de leurs INDC. Je vous propose une nouvelle façon de visualiser les résultats.

Cette infrographie représente le classement des 10 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en 1990, 2010 et 2030. Le classement est basé sur les émissions totales de gaz à effet de serre (pas seulement le CO2).
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Sunday, October 2, 2016

Externalités positives et négatives définition et exemples pour comprendre un concept clé de léconomie de lenvironnement


Avez-vous déjà entendu parler d'externalités ? Positives ou négatives (mais le plus souvent négatives, malheureusement), les externalités sont un concept clé dans l'analyse économique de l'environnement. De quoi s'agit-il ?

Qu'est-ce qu'une externalité ? Définition et exemples


Dans une économie de marché, les interactions entre les agents économiques (particuliers, entreprises...) font généralement l'objet d'une contrepartie monétaire : lorsque vous obtenez un bien ou un service d'un tiers vous le payez et si vous subissez un dommage vous recevez une compensation.
Il existe cependant des cas où cette contrepartie n'existe pas : un agent reçoit un avantage d'une autre agent sans payer en échange ou, à l'inverse, il subit un dommage sans que sa perte soit compensée. Dans les deux cas, les effets sont extérieurs au marché, c'est pourquoi on parle d'externalités.

Pour illustrer cette définition un peu abstraite, voici quelques exemples d'externalités positives et négatives :
  • Un apiculteur crée une externalité positive puisque ses abeilles pollinisent gratuitement les champs des agriculteurs voisins : un article publié en 2009 (pdf) a estimé la valeur de ce service à 153 milliards d'euros par an. Au contraire, les agriculteurs créent une externalité négative lorsqu'ils utilisent des traitement, notamment les insecticides néonicotinoïdes, qui déciment les colonies d'abeilles. 
  • Le commerce du tabac est une activité dont les externalités négatives (coûts des soins, pertes économiques liées aux décès prématurés...) sont aujourd'hui bien connues. Au terme d'une longue procédure judiciaire retardée par d'efficaces lobbies, les cigarettiers ont accepté de verser 200 milliards de dollars sur 25 ans pour financer les soins aux États-Unis ("Tobbaco Master Settlement" de 1998), on peut donc supposer que l'externalité se chiffre au moins à ce montant.
  • Les algues vertes qui apparaissent chaque année sur les côtes bretonnes sont une externalité négative de l'agriculture intensive : elles ont clairement un coût (ne serait-ce que celui du ramassage) mais ce coût n'est pas facturé au pollueur.
Energie et développement - exemple d'externalité négative la fumée d'une usine et les pollutions industrielles
La fumée a un coût pour les riverains et la société mais pas
pour l'entreprise qui l'émet : c'est une externalité négative
(tableau d'Eugène Bracht datant de 1905)
En fait une entreprise crée rarement des externalités positives, puisqu'elle est en général attentive à faire payer les services qu'elle rend. Alors qu'elle a tout intérêt à créer des externalités négatives si cela lui procure un avantage sans apparaître dans son bilan, et la victime de cette logique est bien souvent l'environnement : pollution, bruit, épuisement des sols, recul de la biodiversité, déchets...

"Internaliser les externalités", un principe de politique de l'environnement


Il existe trois manières de sortir de cette logique désastreuse :
  1. Encourager les entreprises à réduire volontairement leurs externalités négatives en adoptant des comportements vertueux, c'est le principe de la labellisation (agriculture biologique par exemple) ou de la certification ISO 14000,
  2. Interdire ou réglementer la production d'externalités négatives par exemple en imposant des normes de qualité ou en limitant les seuils d'émission autorisés pour certains polluants...
  3. Créer des mécanismes permettant de faire payer les externalités négatives à ceux qui les produisent donc en quelques sortes de "internaliser" les externalités.
Même si la politique de l'environnement continue à s'appuyer sur la réglementation et sur des démarches volontaires, l'internalisation des externalités négatives progresse depuis les années 1970. En France, elle a même été inscrite dans la Constitution en 2005 avec le principe pollueur-payeur (art. 4 de la Charte de l'environnement).
Cette internalisation peut être effectuée en taxant l'activité à l'origine des externalités mais aussi en créant des droits de propriété. En effet pour les économistes classiques, au premier desquels Ronald Coase, si l'environnement est dégradé c'est parce qu'il n'appartient à personne : si le sol, le sous-sol, les réserves de poissons ou l'air avaient un propriétaire celui-ci veillerait à ce que sa propriété soit utilisée de façon durable.


Les droits de propriétés, une approche qui plait à tous le monde (ou presque)


Du point de vue de ces économistes, attachés à l'idée que le marché permet d'atteindre des résultats optimaux, cette solution est évidemment la meilleure. Et elle ne manque pas non plus de charme pour les entreprises puisqu'elle crée un "business" autour d'une activité néfaste, ce qui semble -on en conviendra- préférable à une taxation ou à une interdiction pure et simple.
Enfin, la création de droit de propriété simplifie la vie de l'administration : il suffit de fixer un niveau de pollution acceptable et d'émettre les droits de propriété correspondant et les prix sont fixés directement par le marché (et donc réputés optimaux). Tout le monde est content.

Cette approche l'a donc largement emporté au cours des années 2000 débouchant sur une financiarisation de l'environnement avec, par exemple, la création de la "première bourse mondiale de l’environnement" (Bluenext) en 2007.
Ce succès n'a cependant pas été exempt de quelques complications (illustrées par exemple par les marchés du carbone), sans parler des questions éthiques qu'il soulève...

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  • Gestion des externalités : du droit à la financiarisation ? Un éclairage historique

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Wednesday, September 28, 2016

80 mots expressions et acronymes pour comprendre les négociations climatiques et les COP


Vocabulaire, expression, acronymes sur le changement climatique et la COP21"Les INDC sont un bon signe pour la COP mais ça ne veut pas dire que le groupe parapluie et le G77+Chine accepteront d'en faire des QELROs, pour l'instant tout ça reste entre crochets." Vous suivez ?
Si vous vous intéressez aux négociations internationales sur le climat, vous vous êtes sans doute déjà gratté la tête devant ce type de propos ésotériques. Il n'y a pourtant rien de bien secret là dedans : il suffit de connaître les acronymes et les expressions employées par les négociateurs pour que tout s'éclaire...

D'où l'intérêt d'un bon glossaire !

Accès rapide :
A - B - C - D - E - F - G - H - I - J - K - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W - X - Y - Z

(Tous les mots en italique dans cet article font l'objet d'une entrée dans le lexique)

A


AAU  (Assigned Amount Unit) - Une AAU est un permis d'émission négociable attribué à un État dans le cadre du Protocole de Kyoto. A la fin d'une période d'engagement, chaque État doit posséder autant d'AAU qu'il a émis de tonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre, s'il en possède plus il peut les vendre, s'il lui en manque il peut en acheter ou en obtenir via les mécanismes de flexibilité (MOC et MDP). Ne pas confondre avec EUA, CER ou ERU.

Adaptation - L'adaptation désigne l'ensemble des actions, individuelles ou collectives, qui ont pour effet de réduire la vulnérabilité d'une communauté au changement climatique (par opposition à l'atténuation qui vise à réduire l'ampleur du phénomène lui-même).

Additionalité - Une action est dite additionnelle par rapport à un mécanisme si elle n'aurait pas pu avoir lieu sans recours à ce mécanisme. L'additionnalité est une condition centrale dans l'attribution de crédit-carbone que ce soit des CER, des ERU ou des opérations de compensation volontaire. Par exemple, un projet de réduction des émissions mené dans le cadre du MDP doit démontrer qu'il n'aurait pas pu atteindre l'équilibre financier sans la revente des CER. Le terme est parfois aussi utilisé dans le domaine de l'aide publique au développement, dans ce cas il est tout simplement synonyme de nouveaux financements (par opposition à la réaffectation d'un budget déjà prévu).

Annexe I - L'annexe 1 de la Convention-Climat liste les pays considérés comme développés. Ils sont au nombre de 42 (+ l'UE) dont les pays industrialisés et les "économies en transition".Cette liste est centrale dans l'application du principe de responsabilité commune mais différenciée (ou CBDR).

Annexe II - L'annexe II regroupe les 23 pays de l'annexe I également membres de l'OCDE (+ l'UE). Ces pays dit "industrialisés" sont supposés aider les autres à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à s'adapter au changement climatique.

Annexe B - L'annexe B est composée des pays de l'annexe I auxquels ont été attribués des objectifs d'émissions dans le cadre de la première ou de la deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto.

AOSIS (Alliance of Small Island States, Alliance des petits États Insulaires) - Coalition de 44 pays insulaires ou côtiers très exposés aux effets du changement climatique. Ce groupe est très actif pour réclamer un accord ambitieux notamment en matière d'atténuation et de pertes et dommages. Les pays de l'AOSIS sont également membres du G77 mais ils s'en distinguent régulièrement par un discours plus volontariste.

APA (Ad Hoc Working Group on the Paris Agreement) - Groupe de travail spécial chargé de préparer la mise en œuvre de l'Accord de Paris. Il doit terminer ses travaux en 2018.

APD (aide publique au développement) - Dons et prêts à conditions préférentielles versés par les pays développés aux pays en développement. L'APD est un moyen à la disposition des pays de l'annexe II pour s'acquiter de leur obligation d'aider les pays en développement dans leurs efforts d'adaptation au changement climatique mais les aides dans ce domaines sont rarement additionnelles.

Atténuation - L'atténuation ("mitigation" en anglais) regroupe l'ensemble des actions qui visent à réduire l'ampleur du changement climatique, c'est-à-dire à contrôler des émissions de gaz à effet de serre (par opposition à l'adaptation qui cherche à réduire la vulnérabilité).

AWG-ADP (Ad-hoc working group on the Durban Platform for enhanced action) - Groupe de travail établi lors de la conférence de Durban (COP17) pour préparer l'Accord de Paris.

B


BINGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif BINGO regroupe les entreprises et leurs groupements. L'Union internationale des chemins de fer, l'Organisation internationale des constructeurs d'automobiles ou la Chambre de commerce internationale sont quelques-unes de organisations françaises au sein de ce collectif. Aujourd'hui, 15% environ des organisations accréditées pour les conférences de l'ONU appartiennent au collectif BINGO.

C


CBDR (Common but differenciated responsability, responsabilité commune mais différenciée) - Principe inscrit dans la Convention-Climat selon lequel les pays développés ont une responsabilité plus importante dans le réchauffement climatique et doivent fournir plus d'efforts pour résoudre le problème. Ce principe est à l'origine de la distinction entre pays de l'annexe I et pays hors-annexe I. (Pour plus de détails voir cet article)

CCNUCC (Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, ou simplement Convention-climat) - voir UNFCCC

CCS (Carbon capture and storage, capture et stockage du carbone) - Technologies destinées à atténuer le changement climatique en captant le CO2 en sortie des installations industrielles puis en le séquestrant, généralement dans un réservoir souterrain. Ces technologies sont loin d'être matures mais laissent espérer une solution au changement climatique ne nécessitant pas de modifier significativement notre consommation d'énergie et donc nos modes de vie.

CER (Certified emission reduction) - Permis d'émission négociable d'une tonne équivalent CO2 produit grâce au MDP, c'est-à-dire en finançant un projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans un pays hors-annexe I. Un CER peut être échangé contre une AAU et permettre à un pays de l'annexe B de remplir ses engagements. Certains CER (les "Green CER") peuvent aussi être échangés contre des EUA et utilisés sur le marché du carbone européen. Ne pas confondre avec AAU, EUA, ou ERU.

CH4 - Formule chimique du méthane (ou "gaz naturel"). Le CH4 est à la fois un combustible et un gaz à effet de serre avec un PRG à 100 ans 28 fois supérieur au dioxyde de carbone. Il fait partie des gaz visés par le Protocole de Kyoto. Il est rejeté essentiellement par les fuites des installations gazières et par l'agriculture.

CMA (COP serving as Meeting of the Parties to the Paris Agreement) - Réunion annuelle des parties à l'Accord de Paris. Elle se tient en même temps que la COP bien que formellement distincte. Les pays qui n'ont pas encore ratifié l'Accord de Paris (par exemple la Russie, l'Australie ou la Grande Bretagne) ne participent pas aux CMA. La première CMA (ou CMA1) aura lieu lors de la COP22 de Marrakech.

CMP (COP serving as Meeting of the Parties to the Kyoto Protocol) - Réunion annuelle des parties au Protocole de Kyoto. Bien que formellement distinctes, les CMP ont lieu en même temps que les COP. Les pays qui n'adhèrent pas au protocole de Kyoto (notamment les Etats-Unis et le Canada) ne participent pas aux CMP même si ils sont étroitement associés. La conférence de Paris sur le Climat était la 11e CMP et la 21e COP, d'où l'appellation COP21/CMP11. On rencontre parfois l'acronyme MOP (Meeting of the Parties).

CO2 - Formule chimique du dioxyde de carbone. C'est le principal gaz à effet de serre d'origine humaine, il est produit notamment par la combustion d'énergies fossiles, la réaction de calcification dans les cimenteries et la déforestation. Il fait partie des gaz visés par le protocole de Kyoto.

Co-bénéfice - On parle de co-bénéfice lorsqu'un projet produit des effets positifs en plus de son objectif principal. Cette notion est souvent utilisée pour "climatiser" l'aide au développement (APD) mais par définition ces projets ne sont pas additionnels (ex : la construction d'un barrage hydroélectrique peut produire un co-bénéfice en matière d'adaptation si elle permet de mieux gérer la ressource en eau et de faire face à des sécheresses plus longues).

Compensation - Transfert d'une réduction d'émission entre deux personnes ou deux projets en général contre paiement. Le principe de la compensation a donné naissance aux marchés volontaires du carbone (voir cette histoire de la compensation carbone).

COP (Conference of the Parties) - Réunion annuelles des parties à l'UNFCCC. La Conférence de Paris sur le Climat était la 21e COP, ou COP21.

Convention-Climat - voir UNFCCC 

Crochétiser (bracketing) - voir entre crochets

D


Décision - Accord entre les parties à l'UNFCCC ou au Protocole de Kyoto, adopté respectivement dans une COP ou une CMP. Les décisions sont juridiquement contraignantes.

Différentiation - voir CBDR

E


EIT (Economy in transition, Économie en transition) - Anciens pays soviétiques de l'Annexe I.

ENGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif ENGO regroupe les organisations de protection de l'environnement (par exemple Greenpeace ou le WWF). C'est, de loin, le plus nombreux : il représente environ 42% des organisations accréditées pour la COP21.

Émissions négatives (Négative emissions) - Gaz à effet de serre retirés de l'atmosphère par des méthodes écologiques (reforestation, gestion des sols...) ou technologiques. L'objectif de zéro émission nette fixé par l'Accord de Paris suppose le développement de ces filières. A ne pas confondre avec la CCS qui consiste à capter les gaz à effet de serre avant leur rejet dans l'atmosphère ou avec la compensation. Pour plus de détails consulter cette interview.

EnR (Énergie renouvelables) - Technologies permettant de produire de l'énergie sans consommer une ressource finie, en particulier sans énergie fossile ou combustible nucléaire.

Entre crochets - Lors des négociations climatiques, les points non-validés ou les variantes figurent entre crochets (par exemple, vous pouvez occuper 200 négociateurs pendant une journée entière en leur soumettant la phrase suivante : "We [shall] [should] do something"). Moins il y a de crochets, plus l'accord est proche...

Équivalent CO2 - Le calcul des PRG permet d'établir des équivalences entre gaz à effet de serre et d'exprimer l'ensemble des émissions par la quantité de CO2 qui aurait le même effet sur le climat à un horizon de temps fixé (en général un siècle). Par exemple, une tonne de méthane a un PRG à 100 ans de 25, donc une tonne de méthane "vaut" 25 tonnes équivalent CO2 (ou 21 TeqCO2).

ERU (Emission Reduction Unit) - Permis d'émission négociable d'une tonne équivalent CO2 produit grâce à la MOC, c'est-à-dire en finançant un projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans une économie en transition. Une ERU peut être échangée contre une AAU et permettre à un pays de l'annexe B de remplir ses engagements. Ne pas confondre avec AAU, EUA, ou CER.

ETS (European Trading Scheme) - Marché du carbone européen.

EUA (EU Allowance) - Permis d'émission d'une tonne équivalent CO2 utilisable dans le cadre du marché du carbone européen. Les EUA sont soit attribuées à titre gratuit aux entreprises concernées soit mises aux enchères. A la fin de la période, chaque entreprise doit présenter un nombre d'EUA correspondant à ses émissions de gaz à effet de serre, si elle en possède plus elle peut les vendre, s'il lui en manque elle peut en acheter, convertir des Green CER ou payer une amende. Ne pas confondre avec AAU, CER ou ERU.

F


Facilitateur - Négociateur chargé par le président de la conférence de consulter les différentes parties (généralement sur un sujet précis) puis de lui faire une proposition de consensus. Dans les COP, les facilitateurs travaillent généralement en binome, l'un issu d'un pays industrialisé, l'autre d'un pays en développement.

Fonds vert pour le climat (en anglais, Green Climate Fund) - Mécanisme financier crée lors de la COP16 de Cancun et rattaché à l'UNFCCC. Il a pour objectif de financer les projets d'atténuation et d'adaptation des pays en développement grâce aux fonds versés par les pays développés. Le montant et l'origine exacts des financements destinés au Fonds Vert restent débattus. Son siège se trouve à Songdo en Corée du Sud.

Fuite de carbone - Il s'agit des émissions qui se déplacent d'un pays de l'annexe B vers un pays dont les émissions ne sont pas limitées par le protocole de Kyoto, par exemple si le marché du carbone européen conduit des entreprises à délocaliser leurs activités polluantes vers la Chine ou l'Inde.

G


G77 + Chine - Groupe des pays en développement, il a été crée en 1964 par 77 pays, d'où son nom, mais en compte aujourd'hui plus de 130 dont la quasi-totalité des pays africains, sud-américains et asiatiques. C'est une coalition assez lâche avec des intérêts divergents notamment entre les pays les moins avancés ou l'AOSIS et les pays émergents.

GES (Gaz à effet de serre) - Gaz capable d'intercepter une partie du rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre, et ainsi de réchauffer l'atmosphère. Le protocole de Kyoto a pour objectif de réguler les émissions de certains gaz à effet de serre dont le CO2, le CH4, le N2O, des HFC et le SF6, il existe d'autres notamment l'ozone et la vapeur d'eau.

GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) - Organe international crée en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement afin de fournir une information scientifique pertinente aux gouvernements. Co-Prix Nobel de la Paix en 2007.

GHG (Greenhouse gases) - Voir GES

Groupe de l'intégrité environnementale - Coalition comprenant le Mexique, la Corée du Sud et la Suisse, elle se donne pour objectif de faciliter le dialogue entre pays riches et pays en développement.

Groupe parapluie - Coalition informelle regroupant en général les États-Unis, le Japon, la Russie, l’Australie, le Canada, l’Islande, la Nouvelle Zélande, la Norvège, et l’Ukraine. Il a pris la suite du JUSSCANNZ après le sommet de Kyoto. Pourquoi "groupe parapluie" ? Parce que tous les autres noms cool étaient déjà pris.

H


HFC (hydrofluorocarbure) - Famille de gaz qui a progressivement remplacé les CFC lorsque leur effet sur la couche d'ozone a été découvert. Les HFC ne présentent pas d'effet négatif pour l'ozone stratosphérique mais sont des gaz à effet de serre très puissants (avec un PRG parfois supérieur 1000).

High Ambition Coalition - Coalition en faveur d'un accord ambitieux formée dans les mois qui ont précédé la COP21. Elle compte une centaine de pays, notamment issus du G77 et de l'UE, et a été rejointe par le Brésil et les États-Unis pendant le sommet. Elle a été très active pour obtenir un accord juridiquement contraignant, une révision tous les 5 ans des engagements et l'objectif à long terme de zéro émission nette.

Hors-annexe I - Pays réputés en développement et ne figurant pas à l'annexe I de l'UNFCCC. Certains pays hors-annexe I ont un PIB par habitant supérieur à celui de pays de l'annexe I.

Hot air - Nom donné aux AAU excédentaires attribuées aux économies en transition dans le cadre du Protocole de Kyoto : en raison de la crise économique qui a suivi l'effondrement de l'URSS, les ex-pays soviétiques ont vu leurs émissions de gaz à effet de serre baisser rapidement et ont facilement atteint et dépassé leurs objectifs de réduction. Les AAU étant négociables, ils ont pu revendre leurs quotas d'émission à d'autres pays de l'annexe I qui ont ainsi atteint leurs objectifs sans réel effort d'atténuation.

I


Indaba - Mot zoulou désignant une réunion des anciens en vue de trouver un compromis sur un problème important. Il s'agit d'une méthode de consultation proposée pour la première fois par la présidence sud-africaine lors de la Conférence sur le climat de Durban (COP17) et largement utilisé dans la seconde semaine de la Conférence de Paris. Concrètement, c'est une réunion informelle portant généralement sur la recherche d'un compromis sur un sujet précis, à laquelle seuls les ministres ou les chefs de délégations (éventuellement accompagné d'un collaborateur) sont conviés.

INDC (Intended nationally determined contribution, en français : Contribution prévue  déterminée au niveau national, CPDN) - Dans le cadre de la plateforme de Durban (voir AWG-ADP), tous les pays ont été invités à communiquer avant la COP21 les réductions d'émission qu'ils envisagent de réaliser après 2020.  Les INDCs ont commencé à être remises au secrétariat de l'UNFCCC au printemps 2015. Presque tous les pays, dont la Chine, l'Union Européenne, la Russie, le Japon et les États-Unis, se sont acquittés de cette formalité dans les temps.

IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) - Voir GIEC

J


Juridiquement contraignant - En droit international, un accord juridiquement contraignant prime sur les lois nationales des pays qui l'ont ratifié, il peut être accompagné d'un mécanisme de contrôle du respect des engagements. A titre d'exemple, la Convention Européenne des Droits de l'Homme est juridiquement contraignante : si vous estimez qu'elle a été violée, vous pouvez saisir la CEDH et sa décision s'imposera même si elle est contraire aux lois du pays où vous résidez. Les traités internationaux et leurs protocoles additionnels, notamment, sont juridiquement contraignants. A l'inverse, un accord non-contraignant est un simple engagement politique sans valeur juridique. C'est le cas, par exemple, de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
Évidemment, dans les COP (comme dans toutes les négociations internationales, d'ailleurs), il est difficile d'obtenir un accord juridiquement contraignant : d'une part, les parties sont réticentes à prendre des engagements fermes, d'autre part un tel accord nécessite en général par une procédure de ratification longue et risquée politiquement (par exemple, aux Etats-Unis, les traités doivent être ratifiés par le Sénat à la majorité des deux-tiers). Lors de la COP17, à Durban, les parties se sont fixées comme objectif de parvenir en 2015 à "un protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale", ce qui laisse en suspens la nature exacte du futur accord de Paris.

JUSSCANNZ - Coalition de pays industrialisés pendant les négociations du protocole de Kyoto, elle a ensuite évolué pour former le groupe parapluie. Le nom vient de  l'acronyme en anglais pour Japon, États-Unis, Suisse, Canada, Australie, Norvège et Nouvelle-Zélande.

L


Landing zone - Terrain d'entente acceptable par tous, compromis respectant les lignes rouges de chaque parties. 

Legally binding - voir juridiquement contraignant

LGMA - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif LGMA regroupe les collectivités locales. Au sein de ce collectif, on trouve par exemple la Fédération des municipalités canadiennes ou la Conseil américains des maires.Ce collectif est peu nombreux : 1% environ des organisations accréditées pour la COP21.

Ligne rouge - Limite au-delà de laquelle un pays n'acceptera pas l'accord, par opposition aux points sur lesquels il peut envisager de transiger. Comme l'unanimité est nécessaire, le succès de la négociation repose souvent sur la capacité des facilitateurs a proposer un terrain d'entente respectant les lignes rouges de toutes les parties.

LULUCF (land use, land-use change and forestry) - Ensemble d'activités liées à l'utilisation des sols (agriculture, déforestation, afforestation...), elles sont suceptibles d'entrainer des émissions de gaz à effet de serre mais aussi de capter du dioxyde de carbone (par exemple dans le cas d'un programme de reforestation).

M


MBM (Mesures basées sur le marché, en anglais : Market-based measures) - Terme employé par l'Organisation de l'Avion Civile Internationale pour désigner toute mesure visant à réduire les émissions sans recours à la réglementation. Cela comprend notamment les marchés du carbone, les taxes et redevance sur les émissions et la compensation .

MDP (Mécanisme de développement propre, en anglais : Clean development mechanism ou CDM) - Mécanisme de flexibilité du protocole de Kyoto permettant de produire des permis d'émission (en l'occurence des CER) en finançant un projet de réduction des émissions dans un pays hors-annexe 1.

MOC (Mise en œuvre conjointe, en anglais : Joint implementation ou JI) - Mécanisme de flexibilité du protocole de Kyoto permettant de transférer des crédits carbone d'une économie en transition vers un pays industrialisé lorsque celui-ci finance un projet de réduction des émissions sur le territoire du premier. Dans ce cas, le pays financeur se voit attribuer des ERU et le pays dans lequel est mis en œuvre le projet se fait retirer le nombre correspondant d'AAU.

N


N2O - Formule chimique du protoxyde d'azote (alias oxyde nitreux ou "gaz hilarant"). Le N2O fait partie des gaz à effet de serre visés par le protocole de Kyoto, son PRG est de 298 sur un siècle. Il est essentiellement produit par des activités agricoles.

Non-paper - Document officieux publié pendant une conférence pour servir de base de négociation.

P


Partie - Les parties sont les États et les organisations qui ont ratifié un accord international. Dans le contexte des négociations climatiques, il s'agit généralement des parties à la Convention-Climat de 1992.

Pertes et dommages (en anglais : loss and damage) - La Convention-climat reconnait que les pays industrialisés doivent aider les pays en développement à réduire leurs émissions et à s'adapter aux effets du changement climatique, mais il s'agit bien d'une aide et pas d'une compensation pour les dommages subis. Certains pays en développement souhaitent que les pays industrialisés soient tenus pour responsables des "pertes et dommages" qu'ils subissent à cause du réchauffement et qu'un mécanisme soit mis en place pour les indemniser.

PMA (Pays les moins avancés, en anglais : Least developped countries) - Groupe de 48 pays définis par l'ONU comme les plus pauvres de la planète, les PMA sont aussi une coalition dans les négociation internationale sur le climat. Ils sont particulièrement actifs sur les questions d'adaptation.

ppm (partie par million) - Unité de mesure de la concentration, notamment utilisée pour la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère : la concentration de CO2 dépasse aujourd'hui 400ppm alors qu'elle était aux alentours de 280ppm avant le début de l'ère industrielle.

PRG (Pouvoir ou potentiel de réchauffement global) - Il existe de nombreux gaz à effet de serre dont la durée de vie et l'impact sur le climat sont différents. Le PRG est la quantité d'énergie renvoyée vers la surface par une tonne du gaz considéré pendant une période choisie (en général un siècle) divisée par la quantité d'énergie renvoyée vers la surface par une tonne de CO2 pendant la même période. Cette mesure permet de comparer l'effet de différents gaz sur le climat : par exemple, selon le dernier rapport du GIEC, le PRG du CH4 sur un siècle est de 28, sur cette période on peut donc considérer qu'une tonne de méthane (CH4) est équivalente à 28 tonnes de CO2. Il s'agit d'une approximation (en 1995, le GIEC évaluez le PRG du méthane à 21) qui peut, de plus, donner une vision très différente en fonction de l'échelle de temps choisie : sur un siècle, le méthane représente environ 20% des émissions de gaz à effet de serre humaines loins derrière le CO2 (70%) mais sur 20 ans, leurs contributions au changement climatique deviennent à peu près équivalement (respectivement 44 et 50%).

Q


QUELROs (Quantified emissions limitation and reduction objectives) - Il s'agit des objectifs d'émissions attribuées aux parties de l'annexe B par le protocole de Kyoto. Ces objectifs sont quantifiés et juridiquement contraignants.

R


Recommandation - Acte sans valeur juridiquement contraignante adopté lors d'une COP ou d'une CMP.

REDD+ - Mécanisme destiné à réduire les émissions de CO2 liées à la déforestation et de la dégradation des forêts tropicales.

Résolution - Acte adopté lors d'une COP ou d'une CMP mais de portée inférieure à une décision.

RINGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif RINGO regroupe les organisations de recherche et les organisations indépendantes. Concrètement, on y retrouve des universités, des think tanks et des ONG qui ne trouvent pas leurs place parmi les ENGO. ParisTech, l'INRA ou ATTAC font partie des organisations françaises au sein de ce collectif. Après le collectif RINGO est le plus nombreux après les ENGO, il représente 27% environ des organisations accréditée en 2015.

S


SF6 (Hexafluorure de soufre) - Un des gaz à effet de serre visé par le protocole de Kyoto. Son PRG à 100 ans est de 22.200. Il est principalement utilisé comme gaz inerte ou isolant dans l'industrie.

Shall/Should - "Shall" est un verbe anglais dont le sens juridique est ambigu : il peut signifier à la fois une obligation et une possibilité - la Constitution des Etats-Unis fournit des exemples fameux de ces deux sens et les procès visant à les distinguer font depuis longtemps la fortune des avocats. "Should" est la forme conditionnelle de "shall" ajoutant donc un degrès encore plus grand d'incertitude. L'arbitrage entre "shall" et "should" est un running gag des négociations climatiques : cette alternative entre une vague intention et une éventuelle volontée se trouve pratiquement à toutes les lignes des projets d'accord et chaque occurence peut donner lieu à d'interminables argumentations et marchandages entre négociateurs, suscitant la perplexité des observateurs et des non-anglophones.

T


TUNGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif TUNGO regroupe les organisations de travailleurs et les syndicats. C'est l'un des collectif les moins nombreux. La Confédération paysanne ou la Confédération syndicale internationale, par exemple, font partie de ce collectif peu nombreux (seules 13 organisations accréditées pour le COP21).

U


UE (Union Européenne) - Dans les négociations climatiques, l'Union Européenne a un statut qui s'approche de celui d'un État : elle est partie à la convention et au protocole de Kyoto et représentent ses États-membres dans les discussions (par exemple, dans le cadre du protocole de Kyoto, les objectifs de réduction sont fixés au niveau européen). Cependant, elle ne dispose pas de droit de vote.

UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change) - Traité international adopté lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992 et destiné à "stabiliser [...] les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique". Il compte aujourd'hui 196 parties. Le terme peut aussi désigner les organes de la convention, notamment le secrétariat de l'UNFCCC basé à Bonn.

V


V20 - Groupe de 20 pays parmi les plus exposés au changement climatique. Il comprend certains membres de l'AOSIS mais aussi le Bangladesh, l'Ethiopie, le Népal, le Vietnam...


Y


YOUNGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif YOUNGO regroupe les organisations de jeunes. Parmi les organisations accréditées au sein du collectif YOUNGO, on trouve, par exemple, l'Organisation mondiale du mouvement scout ou le Réseau français des étudiants pour le développement durable.Ce collectif représente environ 3% des organisations accréditées pour assister à la COP21.

Z


Zéro émission nette - Objectif de long terme fixé par l'article 4 de l'Accord de Paris ("parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la  deuxième  moitié  du  siècle"). Il suppose l'élimination de la plupart de nos émissions de gaz à effet de serre et la compensation du reliquat par des émissions négatives.


Il manque un terme ? Dites-le en commentaire et aidez à améliorer ce dictionnaire !


Publié le 27 août 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 1er novembre 2016


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Monday, September 19, 2016

Fiche de lecture Lindustrie du mensonge relations publiques lobbying et démocratie de John Stauber et Sheldon Rampton


Energie et developpement - l'industrie du mensonge - relations publiques, lobbying et démocratie de Rampton et Stauber
Nul ne s'étonne plus aujourd'hui de voir un député européen exercer comme avocat auprès des industries qu'il est sensé réglementer, une rapide recherche internet montre que le terme de lobbying a largement perdu sa connotation négative pour devenir synonyme de persuasion efficace, les techniques qui étaient réservées aux grandes industries toxiques se sont "démocratisées" et institutionnalisées.
C'est peu dire qu'entre la publication de ce livre, en 1995 aux États-Unis, et sa réédition française en 2012, "l'industrie du mensonge" qu'il décrit a conquis ce coté-ci de l'Atlantique - cette édition est d'ailleurs complétée par de nombreux exemples européens. S'il ne fallait qu'une raison de se plonger dans le livre de John Stauber et Sheldon Rampton celle-ci devrait suffire.

Naissance et envol des lobbys

Les auteurs font remonter les origines de l'industrie aux bateleurs du XIXe siècle dont le bagou et surtout la naïveté de leurs contemporains assuraient les revenus. Dans les années 1830, la multiplication des journaux populaires à bas prix fait naitre la publicité déguisée, puis les premiers attachés de presse, chargés de placer des articles pour leurs commanditaires. Les maitres mots de l'époque : "bouteilles, blondes et bakchich".
Vers la fin du siècle cependant, les entreprises se rendent comptent qu'il ne suffit pas de faire parler de soi, il faut contrôler l'opinion, se construire une image... Les pionniers s'appellent Ivy Lee, qui a eu la rude tache de rendre sympathique les "barons voleurs", George Creel, chargé de vendre la l'entrée dans la Grande Guerre aux américains, ou Edward Bernays, neveu de Freud et inventeur de la "fabrication du consentement".
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Monday, September 12, 2016

Cotillons et rétrospective Energie et Développement Durable dépasse le demi million de lectures !


C'est sans doute négligeable par rapport au trafic quotidien brassé par les gros site du web mais toute de mêm un petit événement pour l'amateur : ce blog, qui a fêté le mois dernier ses trois ans, a été lu pour la 500.000e fois cette nuit.

Le premier article a été publié en septembre 2011. Très techniques, ces textes atteignaient alors un nombre de vue proprement faramineux : 153 en septembre, 241 en octobre, 211 en novembre... Mais se sont bien rattrapés depuis : beaucoup d'entre eux ont accumulés plus de 10.000 lectures et sont solidement installés en tête des résultats sur Google.

L'explosion du trafic a eu lieu l'année suivante : entre avril 2012 et avril 2013, le nombre de visiteurs est multiplié par 10. C'est aussi à cette époque que la "ligne éditoriale" change : je ne publie plus d'articles techniques mais des analyses sur les questions d'énergie et de développement durable. J'aborde des sujets d'actualité, parfois polémiques, en essayant de garder la pédagogie et la rigueur qui ont fait le succès des premières publications.
Ce choix est payant au moment où se lance le débat sur la transition énergétique : mes articles sont repris par des sites institutionnels et un vrai débat se crée dans les commentaires.

Depuis le blog a continué sur une croissance plus lente mais réelle (j'espère passer les 30.000 lectures par mois d'ici la fin de l'année) malgré un rythme de publication limité : tout juste 148 articles en 3 ans avec des périodes d'inactivités assez longues. Suivant mon évolution professionnelle, les sujets traités tendent à dépasser les questions énergétiques pour traiter plus largement de développement durable, de RSE et de solidarité internationale.



Et en pratique, ça donne quoi ? Voici cinq articles emblématiques de ces trois années :
  • Comment calculer la production réelle d'un panneau solaire ?
    Article typique de ma période technicienne, c'est aussi le plus lu : il accumule à lui seul 66.763 vues... and counting.
  • Bonus-malus énergie : ce qui va changer sur votre facture d'électricité ou de gaz
    Publié en septembre 2012, il marque ma volonté de suivre le débat sur la transition énergétique. C'est l'article le plus commenté à ce jour : 52 commentaires avant que je close la discussion.
  • Allemagne, sortie du nucléaire et charbon : le vrai et le faux
    Si vous ne trouvez pas l'article de référence qui répondrait à toutes vos questions sur un sujet, écrivez-le vous même... Je l'ai fait aussi sur le gaz de schiste.
  • Visitez les centrales solaires les plus remarquables de la planète... avec Google Maps
    Puisque les grandes infrastructures énergétique sont visibles du ciel, pourquoi ne pas en profiter pour les faire visiter sur une carte... Existe aussi pour les mines de lignites allemandes et de sable bitumineux canadiennes ce qui permet de mesurer la dévastation qu'elles représentent
  • C'est prouvé : faire ses courses dans un magasin bio rend égoïste et malhonnête
    Titre provocateur, c'est vrai, mais il reflète le contenu d'un article parfaitement sérieux. Ici, on aime bien penser à rebrousse-poil...

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Tuesday, September 6, 2016

Solaire photovoltaïque quelques réflexions sur le conflit entre lEurope et la Chine


Trois quarts des panneaux solaires produits dans le monde sont installés en Europe et trois quarts des panneaux installés en Europe sont produits en Chine. Cette situation exaspère sur le vieux continent et singulièrement en France depuis la faillite de Photowatt. Le sujet est devenu un symbole pour ceux qui réclament plus de protection pour l'industrie européenne. Début juin ces voix ont apparemment été entendues et la Commission Européenne a annoncé de lourdes taxes sur l'importation de panneaux solaires chinois.
Coté chinois, la réaction ne s'est pas fait attendre : je me trouvais à Pékin lorsque le projet de taxe a été annoncé, même les chaines de télévision locales reprenaient l'information, avec débat d'experts et offuscations bruyantes. Peu après, la Chine menaçait les exportations européennes de vin et de voitures. Bref, la guerre commerciale semblait inévitable.

Pourquoi l'Europe installe-t-elle du solaire ?

Energie et developpement - centrale solaire photovoltaïque en Bavière
Comme celles-ci à Thüngen, un tiers des cellules photovoltaïques
produites dans le monde sont installées en Bavière

En Europe, le coût de l'électricité solaire est notoirement plus élevé que celui de toutes les autres énergies, pourquoi dans ce cas importer des panneaux solaires par bateaux entiers ? La situation est encore plus surprenante lorsque qu'on s'aperçoit que la plupart des panneaux solaires importés en Europe sont allés en Allemagne, et plus particulière en Bavière. Aujourd'hui un tiers environ des cellules photovoltaïques fabriquées dans le monde sont installées dans ce Land pourtant plus réputé pour ses châteaux et sa bière que pour son ensoleillement. Il y a quelques années c'était la moitié...
Pourquoi ? Parce que l'Allemagne est une fédération, dans laquelle l'équilibre entre Länder est primordial. Lorsque la politique énergétique allemande parie sur le développement à marche forcée des énergies renouvelables, le gouvernement fédéral est obligé de donner des compensations aux régions du sud où des vents moins favorables et une surface largement boisée ne permettent pas l'installation d'éoliennes. Ce sera donc une généreuse subvention au solaire photovoltaïque, une mesure qui n'a de sens que politique.

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