Showing posts with label Une. Show all posts
Showing posts with label Une. Show all posts

Wednesday, November 23, 2016

Une brève histoire du nucléaire civil


A la veille du débat national sur la transition énergétique, je vous propose de replacer certaines questions d'actualité dans une perspective historique. Pour commencer : l'énergie nucléaire.


Les débuts : l’ambiguïté militaire-civil


Les premières applications de l’énergie nucléaire sont militaires. Les premiers réacteurs sont conçus par General Electric et Westinghouse pour la propulsion de sous-marins. Sur la base de cette expérience, les deux entreprises développent un réacteur civil, respectivement a eau bouillante (Boiling Water Reactor ou BWR) et a eau pressurisé (Pressurized Water Reactor ou PWR) et mettent en place des stratégies commerciales agressives : prix bas anticipant des économies d’échelle, coût au kWh garanti et inférieur a toutes les autres sources d’énergie… Avant même que la première centrale soit opérationnelle, on promet une électricité si peu onéreuse que les compteurs deviendront inutiles ("too cheap to meter" selon l'expression de Lewis L. Strauss en 1954). Dès sa naissance, le nucléaire a cheminé en compagnie des firmes de relations publiques et de lobbying...

Malgré cet enthousiasme, la première centrale nucléaire reliée à un réseau électrique est russe, il s’agit de la centrale d’Obninsk en URSS en 1954 (5MW). La première centrale américaine, celle de Shippingport, produira en 1957.

Energie et développement - Shippingport première centrale nucléaire américaine
La première centrale nucléaire des États-Unis : Shippingport
A la même époque, la France et le Royaume-Uni cherchent à fabriquer leurs premières armes nucléaires mais se heurtent à un embargo américain sur les livraisons de matière fissible. C’est partiellement pour cette raison qu’ils développent leurs propres filières civiles.
En France le premier réacteur est construit à Marcoule en 1956. Il s’agit d’un réacteur a uranium naturel modéré au graphite et refroidi au gaz carbonique (UNGG) d’une puissance de 7MW. En 1958, une usine de traitement du combustible est ouverte sur le même site et en 1960 la première arme atomique française est testée avec succès.

Le Royaume Uni a suivi un parcourt similaire avec la centrale de Calder Hall (1956), tout comme Israël avec la centrale Dimona (1963) et l’Inde et le Pakistan avec des réacteurs canadiens Candu.


De l’euphorie a la crise


Les années 60 et 70 voient s’opposer les différentes filières du nucléaire civil. En France, le développement de l’UNGG est maintenu pour des raisons politiques malgré des difficultés techniques, mais il est écarté en 1969 après le départ de De Gaulle au profit du PWR américain. En contrepartie le CEA développe des surgénérateurs (Rapsodie en 1959, Phénix en 1968 et Superphénix en 1976).

Suite au premier choc pétrolier, le programme nucléaire français est accéléré, en moyenne 6 réacteurs sont mis en chantier par an ! C’est l’époque du "nous n’avons pas de pétrole mais nous avons des idées".
Mais cette euphorie est de courte durée : les chocs pétroliers entraînent aussi un ralentissement de la croissance et rendent obsolètes les prévisions de consommation. Les programmes nucléaires sont presque partout revus à la baisse.
Energie et développement - Historique de la mise en service de nouvelles centrales nucléaire
Puissance nucléaire mise en service par année : à partir des années 80, l'expansion fait place à la stagnation
De plus, le nucléaire se heurte a une série de problèmes techniques et économiques et à la réticence des opinions publiques. Aux États-Unis, l’accident de Three Miles Island en 1979 entraine l’annulation de cinquante commandes, plus aucun réacteur n’a été construit depuis.
En 1986, l’accident de Tchernobyl achève de convaincre les opinions publiques de la dangerosité de l’énergie nucléaire, d'autant que le recyclage ou le stockage des déchets et le démantèlement des installations ne sont toujours pas maîtrisés.

Certains pays renoncent à leur programme nucléaire (Espagne, Belgique…), voire anticipent l’arrêt des centrales existantes. C'est le cas évidemment de l'Allemagne à partir de 2000 mais aussi de la Suède, de l'Italie, etc. La France occupe une place originale : son programme nucléaire, nettement surdimensionné, alimente une partie de l’Europe pourtant la construction de nouveaux réacteur n’a jamais totalement cessé. La dernière mise en service date de 2002, il s'agit de la centrale de Civeaux (REP 2 x 1495MW).


Vers une relance ?


Même avant l'accident de Fukushima, le contexte semblait peu favorable à une relance du nucléaire, très lourd en investissements alors que la crise et les politiques de dérégulation favorisent les énergies rapidement rentables comme le charbon ou le gaz. Pourtant la menace croissante du changement climatique et la recherche de l’indépendance énergétique font parfois apparaître le nucléaire comme une énergie d’avenir.

En Europe, en 2002, un producteur privé finlandais, LVO, a lancé un appel d’offre international pour la construction d’une centrale. Le choix s’est porté sur l’European Pressurized Reactor. Un réacteur d’une puissance supérieure a 1500MW conçu par le consortium Areva-Siemens dans les années 80 à partir des expériences française et allemande. Il est intéressant de noter que l'EPR finlandais répond à un besoin très spécifique : les actionnaires de LVO sont fabricants de pâte à papier et ont une consommation d'énergie élevées, continues et quasiment constantes.
Aux États-Unis, la relance du nucléaire a été inscrite dans le plan Bush de 2001 et des initiatives ont été prises dans ce sens. Cette politique a été continuée par le président Obama et au début de l'année 2012 la première autorisation de construction depuis 26 ans a été délivrée à Southern Nuclear pour deux réacteurs Toshiba AP1000 en Georgie. La Grande Bretagne souhaite elle aussi construire de nouveaux réacteurs à Hinkley Point.

Energie et développement - Centrale nucléaire de Daya Bay en Chine
La centrale nucléaire de Daya Bay près de Shenzhen (Chine),
symbole des nouveaux marchés du nucléaire civil
Mais les réelles perspectives sont désormais ailleurs : en Europe de l’est avec l’entrée dans l’UE de pays dont les installations nucléaires sont à rénover ou a remplacer, et surtout dans les pays émergents qui continuent et accélèrent leurs programmes nucléaires (Brésil, Inde, Chine…). Pour les pays industrialisés et la France en particulier, le nucléaire est désormais vu avant tout comme un produit d'exportation.


Publié le 18 octobre 2012 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 7 mars 2016




Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



Read More..

Monday, October 31, 2016

La taxe carbone une idée neuve


Manifestation contre la taxe carbone australienne : mettre en place une taxe pigouvienne est politiquement difficile car elle fait toujours des perdants.
Ça n'a pas traîné : dès le premier jour de la Conférence de Paris sur le Climat, six chefs d'État, dont François Hollande et Angela Merkel, ont lancé un appel en faveur d'un prix du carbone. Cet appel, soutenu par le FMI et la Banque Mondiale, a été salué par plusieurs ONG, c'est dire si le prix du carbone fait aujourd'hui  consensus.
Mais alors pourquoi n'y a-t-on pas pensé plus tôt ?

On y a évidemment pensé avant... La bonne question, celle qui peut éviter de refaire dans les prochains mois les erreurs qu'on a déjà fait il y a quelques décennies, est plutôt : pourquoi on ne l'a pas fait plus tôt ?

Petit coup d'oeil dans le rétroviseur...


Une idée vieille d'un siècle...


On peut faire remonter l'inspiration de la taxe carbone aux années 20. Il s'agit en effet d'une taxe pigouvienne, c'est-à-dire en clair d'une taxe sur une activité qui a un coût pour la société. C'est une façon d'internaliser une externalité négative qui a été proposée par l'économiste anglais Arthur Cecil Pigou dans un ouvrage de 1920 : The Economics of Welfare.
Il existe des taxes pigouviennes dans tous les pays et dans tous les domaines, les droits d'accise sur l'alcool ou le tabac sont de bons exemples. Dans le domaine de l'environnement, les taxes qui prennent pour assiette  les déchets, les carburants, les produits chimiques dangereux, etc. peuvent être considérées comme des taxes pigouviennes.

L'idée n'est donc pas vraiment nouvelle et il n'est pas surprenant qu'elle ait été remise au goût du jour dès que l'on a commencé à envisager sérieusement de s'occuper du changement climatique... On l'a un peu oublié aujourd'hui mais au tout début des années 1990 aussi bien les États-Unis que la Communauté Européenne ont tenté de mettre en place un système de taxe sur l'énergie et/ou le carbone pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

"États-Unis et Europe se sont déjà cassé les dents sur la taxe carbone. Que nous apprennent ces expériences ?"




Les projets avortés de taxe carbone-énergie européenne


C'est l'Europe qui s'est lancé la première en proposant une taxe harmonisée au niveau international dès 1989. La proposition est officialisée à la veille du sommet de la Terre de Rio en 1992 et un chiffre est même avancé : 600 francs français par tonne équivalent pétrole, soit ajusté de l'inflation un peu plus de 128 euros...
Le projet n'est donc pas simplement symbolique : 128 €/TeP, c'est, par exemple, une hausse de 14 centimes pour le prix du litre d'essence.

Mais des divergences apparaissent rapidement entre États-membres : la France, où le mix énergétique est peu carboné grâce au nucléaire, veut une taxe assise uniquement sur les émissions de dioxyde de carbone, au contraire les pays opposés au nucléaire ou dont le mix est très émetteur veulent une taxe portant seulement sur l'énergie. La Commission Delors propose donc un terrain d'entente avec une taxe mixte assise à la fois sur le carbone et l'énergie.
Le gouvernement français refuse ce compromis. De son coté le Royaume Uni renâcle à transférer de nouvelles compétences à Bruxelle. Ajoutons que le soutien du gouvernement Kohl est fragile (les industriels allemands sont vent debout contre le projet) et tout est en place pour un échec. Face à ce blocage, le commissaire à  l'environnement Ripa di Meana qui porte le projet depuis le milieu des années 80, démissionne pour ne pas avoir à représenter l'Europe au Sommet de Rio.

Le projet ne sera relancé que 3 ans plus tard, en 1995. Mais échoue à nouveau. Là encore le gouvernement allemand joue un rôle ambigu en négociant avec ses fabricants d'automobiles des réductions volontaire des émissions contre l'abandon du projet de taxe carbone européenne. A posteriori, on peut dire que c'était visionnaire...



La BTU-tax américaine


On peine à le croire aujourd'hui mais dans années 1980, les États-Unis étaient à la pointe en matière de lutte contre le changement climatique. L'alerte scientifique était largement venue de leurs universités et en 1978, le Congrès avait voté à une large majorité (dont 2/3 des républicains) le National Climate Program Act. Jimmy Carter aurait peut-être engagé son pays plus loin mais il n'ai pas réélu et avec la présidence Reagan le changement climatique a commencé à devenir un sujet partisan.

Dès son arrivé au pouvoir, en 1993, Bill Clinton propose une taxe sur l'énergie, la BTU Tax (le BTU, ou British Thermal Unit, est une unité exotique de mesure de l'énergie). La taxe devait être de 0.599$ de 1993 par million de BTU sur les carburants raffinés (soit 32.9€ par tonne équivalent pétrole en tenant compte de l'inflation) et de 0.257$/MBTU (14.1€/TeP) sur les autres énergies sauf l'éolien, le solaire et la géothermie qui devaient être exonérés.
Malgré ces montants modestes, le projet fait l'objet d'attaques particulièrement violentes de la part des lobbys industriels et des républicains. Finalement, la BTU Tax sort essorée de son passage au Sénat : elle est devenue une simple taxe sur les carburants avec de nombreuses exemptions et un niveau près de 30 fois inférieur à celui initialement prévu. En dépit de ce maigre résultat, le projet est généralement considéré comme responsable de la "révolution républicaine" de 1994 : une défaite écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat et la perte de la majorité au Sénat.


Que peut-on retenir de ces deux expériences ?


D'abord, l'échec simultané des projets de taxe carbone des deux coté de l'Atlantique devrait nous alerter, d'autant qu'on peut allonger la liste avec les fiascos plus récents de l'écotaxe française ou du projet australien... Malgré le consensus apparent, donner un prix au carbone en particulier par voie fiscale n'est pas une mince affaire.
Il y a une bonne raison à ça : tout l'objet d'une taxe pigouvienne est de réduire des activités jugées néfastes pour la société. Elle fait donc forcément des perdants, elle met forcément des entreprises en faillite et des gens au chômage... si  ce n'est pas le cas, c'est qu'elle n'est pas efficace ! C'est la raison pour laquelle les projets précédents ont fait l'objet d'attaques particulièrement dures des gros émetteurs de gaz à effet de serre. Aux États-Unis, les élus favorables au projet ont été ciblés personnellement et les pétroliers, notamment, ont investit lourdement pour avoir leurs têtes aux élections de 1994. Il serait naïf de croire que les même entreprises vont laisser faire, voire soutenir, une taxe carbone aujourd'hui. Pour ne citer qu'un seul exemple : malgré leurs prises de position publiques, plusieurs grandes compagnies pétrolières continuent via de faux-nez à combattre un prix du carbone.

"Aujourd'hui comme hier, une taxe carbone ferait forcément des perdants. Le consensus peut-il y résister ?"



De plus, il me semble impossible de créer une taxe carbone sans un effort de pédagogie et des mesures destinées à accompagner la reconversion de ses "victimes". Je ne sais pas vous, mais moi je n'entend pas ce discours à l'heure actuelle et j'ai beaucoup de mal à imaginer le gouvernement français (ou un autre) expliquant aux transporteurs routiers, aux éleveurs de bétail, aux pilotes d'Air France ou aux ouvriers de l'automobile qu'une partie d'entre-eux vont devoir trouver un autre job. C'est pourtant très exactement le sens d'une taxe carbone.

Enfin l'échec des projets européens montre aussi qu'une taxe carbone est très difficile à mettre en oeuvre de façon coordonnées entre plusieurs pays qui différent par leurs choix énergétiques et la structure de leur économie. Là encore, il me semble que c'est une leçon que pourrait méditer avec profit ceux qui rêvent déjà d'une écotaxe harmonisée à l'échelle mondiale.

Publié le 4 novembre 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 1er décembre 2015

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



Read More..

Sunday, October 30, 2016

Créer une prise de terre pour un groupe électrogène


Une prise de terre "artisanale"
En bref, mettre une installation à la terre signifie la relier au sol. La mise à la terre est essentielle pour la sécurité des personnes et le bon fonctionnement des appareils. En particulier, un groupe électrogène doit être correctement mis à la terre.

Noter que la prise de terre à laquelle est relié le groupe électrogène ne doit pas être la même que celle qui est reliée au tableau électrique de votre installation (terre des masses). Il vous faudra donc presque toujours créer une nouvelle prise de terre si vous voulez installer un groupe électrogène.

Cet article vous explique comment créer une mise à la terre de bonne qualité pour votre groupe électrogène.

Continuer la lecture »
Read More..