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Friday, October 14, 2016

Quand les resistances sociales sont trop fortes leffondrement de la colonie viking du Groenland


Pour ce deuxième article dans ma série d'été consacrée aux variations du climat et à ses effets dans l'histoire, je vais vous parler du Groenland et plus spécifiquement de la colonie viking qui y a prospéré à partir de l'an mille avant de disparaitre brusquement au XVe siècle.


Le mythe climatique du Groenland et la réalité



Mais avant d'aller plus loin, anticipons sur les commentaires à venir : au café du commerce, le Groenland occupe un place importante dans les débat sur le changement climatique... Si vous discutez avec un climatosceptique, il vous dira sans doute à un moment ou à un autre que Groenland signifie "pays vert", un nom donné par les vikings, et que c'est bien la preuve que le climat était plus chaud à l'époque qu'il l'est actuellement et que donc il n'y a vraiment aucune raison de s'inquiéter.

Commençons par faire la part de la réalité et du mythe dans ces affirmations. Une chose est certaine : aucun homme n'a jamais vu le Groenland couvert de prairies, les glaciers qui le recouvrent actuellement sont âgés de 400 à 800.000 ans. Il est possible ce nom ait été choisi pour attirer plus facilement des colons (c'est en tout cas ce que raconte la Saga d'Erik le Rouge), ou bien tout simplement que l'étymologie ne soit pas aussi simple que ça...

Reste que le Groenland s'est effectivement réchauffé autour de l'an mille. La planète connaît alors pendant 2 à 3 siècle un petit réchauffement par rapport aux périodes froides qui ont précédés et suivis, c'est ce que l'on appelle l'optimum médiéval. Cette période chaude s'explique par une activité solaire plus importante, peu d'éruptions volcaniques (qui ont tendance à refroidir le climat) et des paramètres orbitaux légèrement plus favorables. Pendant l'optimum médiéval, la température moyenne de la planète est grosso-modo la même que celle qu'ont connu nos grands parents au milieu du XXe siècle.
Mais cette moyenne cache des variations locales : le réchauffement a été sensiblement plus important dans l'Atlantique Nord où la température moyenne était sans doute comparable à celle que nous connaissons actuellement (Mann et al., 2009).

Pendant l'optimum médiéval, le Groenland a donc bénéficié de conditions plus favorables que pendant la période précédente mais pas très différentes de celles que vous pouvez y rencontrer si vous vous y rendez aujourd'huis.


Colonisation par les viking et disparition


C'est dans ces conditions qu'Erik le Rouge, donc, débarque au Groenland en 986 avec la ferme intention de coloniser ce territoire. Il vient d'Islande où a sévit une terrible famine, ce qui l'aide sans doute dans ses projets. Et c'est un succès : l'implantation principale se développe jusqu'à compter 200 fermes et une douzaine d'églises. Un évêque y est même nommé en 1126 - preuve qu'il ne s'agit pas seulement d'une colonie isolée mais d'une vraie ville reconnue comme telle jusqu'à Rome. Une autre implantation à 500 kilomètres au nord-ouest connaît un succès plus modeste avec 90 fermes et 4 églises. La population viking sur l'île atteint plusieurs milliers d'habitants, jusqu'à 6000 selon McGovern. C'est peu ? C'est presque autant qu'aujourd'hui : la population d'origine européenne de l'île avoisine 7000 personnes.

Leif Erikson (fils d'Erik le Rouge) découvre l'Amérique du Nord
(tableau de Christian Krogh en 1893)
Et puis la success story s'arrête : la colonie nord est abandonnée vers 1350, celle du sud disparaît à son tour environ un siècle plus tard.
Cette disparition a longtemps intrigué les historiens : si tous s'entendent pour reconnaître le rôle joué par le refroidissement du climat (Dugmore et al., 2007), il ne semble pas pouvoir expliquer à lui seul l'effondrement des colonies viking au Groenland. Et pour cause : l'île a d'autres habitants, les inuits, qui eux sont restés sur place et ont survécu jusqu'à nos jours !


Quand une société échoue à s'adapter


Alors pourquoi les viking disparaissent-ils lorsque le climat se refroidit mais pas les inuits ? Pour répondre à cette énigme, Thomas McGovern (1980) avance une explication intéressante que je vous propose ici : la disparition des colonies viking au Groenland ne serait pas du à une impossibilité technique de s'adapter mais au conservatisme de la société.

Pour comprendre cette théorie, il vous faut renoncer à ce que vos livres d'histoire vous ont appris : les viking, avant d'être des marins et des pillards, étaient des agriculteurs. Leur économie reposait essentiellement sur l'élevage de bovins et d'ovins. Les sédiments lacustres du Groenland confirment cette hypothèse : à partir de l'an mille, la quantité de pollen d'herbacés augmente au détriment des arbres de grande taille, on retrouve également plus de spores de champignons parasites des racines et de champignons coprophiles (Gauthier et al., 2010). Qu'est-ce que ce charabia signifie ? Que les arbres sont abattus et laissent place à des prairies, que les sols sont retournés et que des troupeaux d'herbivores prospèrent...
Malgré la proximité de la mer, la pêche joue un rôle marginal dans l'alimentation des viking : près de 80% de leur nourriture est d'origine terrestre (Arneborg et al. 1999).

Malheureusement, l'essor de l'élevage ne résiste pas au refroidissement du climat : les dépôts sédimentaires montre une nette inversion de la tendance à partir de 1320.
Le Groenland ne devient pas invivable pour autant : la pêche ou la chasse au phoque aurait pu fournir largement de quoi subsister. A ce moment, les viking auraient donc pu s'adapter et survivre en adoptant un mode de vie proche de celui des inuits. Mais voilà, la société viking était très hiérarchisée et inégalitaire et la possession de têtes de bétail était un marqueur important du pouvoir. Pour cette raison, les viking se sont obstinés à vivre à proximité des pâturages, même si ces zones devenaient hostiles, et à élever du bétail, même si, sous leurs yeux,  les inuits s'en sortaient manifestement mieux en vivant de la pêche et de la chasse.
Par ailleurs, une société très inégalitaire signifie que les élites ont les moyens d'échapper, au moins en partie, au sort de la population. Les "décideurs" vikings disposaient des meilleures terres et consommaient une large part des biens importés depuis l'Europe, grâce à ces conditions favorable ils n'ont peut-être tout simplement pas compris ce qui était en train de se passer, ou se sont cru protégés.


La morale de l'histoire 


L'adaptation au changement climatique n'est pas, et de loin, une simple question technique : à la fin de l'optimum médiéval, les viking ont disparu du Groenland alors qu'à quelques kilomètres d'eux les inuits disposaient qu'un modèle économique qui leur a permis de survivre jusqu'à nos jours. Mais adopter ce modèle aurait sans doute remis trop gravement en cause le fonctionnement de leur société et la position de leurs élites.
Alors que nous abordons une variation du climat bien plus importante et généralisée, ne sommes nous pas un peu dans la même situation ?

Cet article fait partie d'une série consacrée aux conséquences des changements climatiques passés pour les sociétés qui les ont subi. Déjà parus :
  • Quelques degrés de plus, opportunité ou menace (pour l'homme préhistorique)
  • Climat et politique : comment la mousson défaisait les dynasties chinoises




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Monday, October 10, 2016

Avis dexpert En Chine ce sont les pressions intérieures qui poussent à la transition énergétique


Wang Tao est chercheur au Carnegie-Tsinghua Center for Global Policy de Pékin où son travail porte plus précisément sur les politiques énergétiques et climatiques chinoises. Il a travaillé précédemment pour le WWF-Chine et pour plusieurs centres de recherches et universités.


Énergie et développement : L'actualité d'abord... Quel est votre sentiment au sujet de la conférence sur le climat de Varsovie qui s'est terminé samedi ?

Wang Tao : Je ne l'ai pas suivie précisément, mais j'ai entendu que les résultats sont plutôt décevants, même si la plupart des gens n'attendent plus grand chose de ces rendez-vous. L'objectif était principalement de préparer l'avenir pour l'année prochaine et surtout pour la suivante à Paris. Mais le recul de pays comme le Japon ou le Canada qui renoncent à leurs promesses n'augure rien de bon.


E&D : Quel est la position de la Chine dans ces négociations ? 

Dans ces négociations, la Chine est ouverte et tente de se montrer plus flexible. En tant que pays en développement, nous sommes attachés au principe de responsabilité commune mais différenciée mais dans le même temps la Chine est prête à prendre ses responsabilités et à faciliter les négociations. Nous sommes en discussion avec d'autre pays en développement pour former une nouvelle plateforme [le G77+Chine je suppose, ndr] et parvenir à un accord sur ce que nous pouvons faire après 2020.


E&D : En quoi la situation intérieure chinoise influence-t-elle cette position ?

En Chine, la pression vient beaucoup plus de l'intérieur que de l'extérieur : la peur de la pollution, le rejet des grands projets, le risque de désordres sociaux... sont des inquiétudes plus présentes que les pressions des États-Unis ou de l'Union Européenne. Ce qui ne veut pas dire qu'il y a une incompatibilité. Au contraire, tous ces problèmes ont la même origine : l'utilisation d'énergies fossiles, le charbon bien sur mais aussi de plus en plus le pétrole et même le gaz. Aujourd'hui la moitié des provinces chinoises sont en train de chercher des solutions.


E&D : Et quelles pourraient être ces solutions ?

A court-terme, le gaz et le nucléaire pourraient se substituer en partie au charbon et à long-terme nous plaçons de grands espoirs dans les énergies renouvelables. Mais il faut veiller à ce que cette évolution reste abordable.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgVU8UOVjW5qeXhK61gnc46C1MhjUdC-poRTgNm0a0MLOl2RtcS-ttg8DhDtqqwtrTbLOoKbg4g7hHgeTcyiGaTeoeww8Vr2BfITuduKbe1Y7HFXxbhZ1qusR1NN7GXPuQ0Q638xr0L1Ag/s1600/Haojiazhai+85-12+largeur+10km.gif
Extension d'une mine de charbon à l'ouest de Pékin
(source : la Terre en timelapse)

E&D : Dans le même temps, la Chine tente-t-elle de réduire sa consommation d'énergie ?

Il s'agit plus de réduire la croissance de la consommation que la consommation elle-même ! La croissance économique se poursuit et la consommation d'énergie suit cette dynamique. Cependant il est possible de gagner en efficacité énergétique et d'améliorer les infrastructures.
La priorité reste plutôt de réduire l'impact sur l'environnement d'une demande d'énergie croissante.


E&D : Le système administratif et politique chinois est composé de plusieurs échelons, depuis le gouvernement central jusqu'aux provinces et aux cantons qui disposent d'une certaine autonomie. Comment les différents échelons collaborent-ils en matière d'énergie ?

Le gouvernement central est en charge de la planification générale : combien de gigawatts de nucléaire, etc. Ensuite, il faut que cela soit mis en œuvre au niveau local, c'est à eux de mettre en place les politiques sur le terrain. Mais les gouvernements locaux ont parfois des orientations sensiblement différentes. Leur principale préoccupation est d'assurer leur croissance car c'est ainsi qu'ils pourront faire avancer leurs carrières.
Ainsi même si le gouvernement central souhaite améliorer la sécurité énergétique ou la protection de l'environnement, les autorités locales n'auront pas nécessairement les mêmes idées. Cela peut parfois compromettre la politique mise en place par le gouvernement central.


E&D : Vous avez un exemple ?

Oui. Par exemple si le gouvernement central souhaite développer les énergies renouvelables mais que les autorités locales n'adhèrent pas à cette politique et s'intéressent seulement à l'atteinte de leurs objectifs, il peut arriver que les installations soient construites mais pas raccordées au réseau. Les indicateurs seront là, la croissance sera là, mais l'objectif du gouvernement central ne sera pas atteint.
Un autre cas : le gouvernement local peut être tenté de doper son économie en continuant à investir dans les secteurs qui ont assurés la croissance de la Chine : la métallurgie, le charbon, l'industrie pétrochimique... en contradiction avec les priorités affichées au niveau central. Et bien souvent ceux qui prennent ces décisions seront promus avant que les impacts sur l'environnement soient devenus perceptibles.
Ce type de comportement est devenu un problème important en Chine dans les dernières années et le gouvernement central tente d'y apporter une réponse.


E&D : On dit parfois que la Chine a besoin d'une révolution énergétique, mais cette révolution est-elle possible sans réformes politiques et économiques ?

Quand on parle de révolution énergétique, il s'agit de changer aussi bien l'offre que la demande. Cela pose donc la question des modes de vie. Le gouvernement central étudie également des réformes pour introduire plus de compétition dans le secteur énergétique ou évaluer différemment les fonctionnaires locaux de façon à améliorer les usages de l'énergie. Une autre voie consiste à augmenter le prix des ressources et des externalités afin de guider les gens vers des modes de consommation plus vertueux. Nous devons continuer dans ce sens, et je ne crois pas que la Chine puisse se permettre de s’arrêter maintenant.

Publié le 25 novembre 2013 par Thibault Laconde

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Tuesday, October 4, 2016

Les améliorations apportées à mon intégral Hymer







Cliquez sur chaque image pour avoir un agrandissement.













Mon intégral Hymer est un BC 564 de 2005 acheté d'occasion.

Je lui ai fait subir quelques améliorations dont je vais vous parler car cela peut vous intéresser.

Pour éviter de fermer le gaz pendant la durée des vacances, j'ai fait installer un détenteur TRUMA Duo Control CS (environ 450€) ; cette amélioration simplifie vraiment la vie, donc je recommande chaudement !





J'ai fait remplacer les prises 12V cellule par des prises allume cigare encastrables de 120W (facile), sauf celle de la télé


J'ai rajouté un kit de vidange à air comprimé pour passer l'hiver (environ 70 €) ; il permet en branchant un compresseur de vider l'eau qui reste dans toutes les canalisations et dans la pompe à eau.

J'ai remplacé mes ampoules par des LED pour moins de 100€
Sur le site web Energy led :
Les ampoules plafond sont remplacées par des ampoules G4 circulaires (ref. G4-WW12S)
Les spots sont remplacés  par des des led MR11
Les ampoules au dessus du lavabos sont remplacées par des G4 360° (ref. G4-360-24SMD-WW
Le néon au dessus du lit est remplacé par un néon led T5 (ref.T5-30064W-WW)

Pour faire durer ma batterie de service et être presque autonome en électricité (on fait du sauvage 2 jours sur 3), j'ai posé 300W de panneaux solaires.
Installation maison pour 700 €.




Pour superviser les panneaux solaires, j'ai posé un écran MPPT Control de chez VICTRON. Installation maison pour 130€.


J'ai changé la batterie de service d'origine par une 150 Ah AGM.


Pour faciliter le pilotage dans les conditions difficiles, j'ai installé 4 caméras et un écran sur le tableau de bord qui permet de les visionner toutes ensembles.
L'une voit devant, l'autre derrière, et les 2 autres les côtés gauche et droite.
Cela sécurise ma femme quand elle conduit.
C'est aussi plus facile pour les enfants quand ils empruntent le camping car. 
Installation maison pour 200 €.




J'ai posé un autoradio avec un caisson de basse pour avoir du bon son.

J'ai remplacé une bouteille de propane par une bouteille de GPL, car pour partir 2 mois à l'étranger 2 bouteilles de propane sont insuffisantes, d'autre part changer une bouteille n'est pas pratique (coffre à gaz Hymer trop petit). Installation maison pour environ 500€. 




Les jours de chaleur, j'installe par l'intérieur (permet d'utiliser en roulant) : 
  • des petits lanterneaux : des occultations carrées 40X40 cm de chez Fiamma
  • du grand lanterneau : une baie S4 de 1000X600 cm de chez HTD (référence 01HG534) - pour la fixer, j'élève le lanterneau, je pose la protection, je baisse le lanterneau, la protection tient par pincement (ne pas serrer trop fort !)


Enfin je vais remplacer un des lanterneaux par un turbovent de chez Fiamma. L'été quand il fait chaud, on est bien content d'avoir une bonne ventilation. Je n'aime pas le rafraîchisseur peu efficace et cher, encore moins le climatiseur utilisable uniquement sur une borne 220V. Installation maison pour moins de 200€.

A l'intérieur j'ai posé une marche en bois pour pouvoir monter/descendre du lit haut sans échelle.





J'ai fait changer toutes les housses à Tiznit au Maroc pour 300 € (camping près de la vieille ville), demander Momo au gérant du camping.





Voilà, c'est tout pour le moment !


Au cours de mes divers travaux, j'ai pu me rendre contre de la structure de l'Hymer en perçant des trous dans la carrosserie :
  • l'avant et l'arrière sont en résine polyester, épaisseur 1 cm ; en dessous du polyester on trouve du styrofoam puis du bois.
    L'isolation de la casquette sur un intégral de 2005 est suffisamment rare pour être signalée ici.
  • les 2 côtés et le toit sont un sandwich très compact composé de :
    - une tôle d'alu de 1,5 mm d'épaisseur
    - du styrofoam (isolant) sur 2,7 cm d'épaisseur
    - une paroi intérieure en bois de 3 mm d'épaisseur sur laquelle est collée un film plastique ; dans les modèles 2016, le bois à été remplacé par du polyester, ce qui est nettement mieux, de même le styrofoam par du XPS (plus isolant et plus rigide)





Voir aussi mon article : présentation détaillée de  l'Hymer BC 564



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Wednesday, September 28, 2016

80 mots expressions et acronymes pour comprendre les négociations climatiques et les COP


Vocabulaire, expression, acronymes sur le changement climatique et la COP21"Les INDC sont un bon signe pour la COP mais ça ne veut pas dire que le groupe parapluie et le G77+Chine accepteront d'en faire des QELROs, pour l'instant tout ça reste entre crochets." Vous suivez ?
Si vous vous intéressez aux négociations internationales sur le climat, vous vous êtes sans doute déjà gratté la tête devant ce type de propos ésotériques. Il n'y a pourtant rien de bien secret là dedans : il suffit de connaître les acronymes et les expressions employées par les négociateurs pour que tout s'éclaire...

D'où l'intérêt d'un bon glossaire !

Accès rapide :
A - B - C - D - E - F - G - H - I - J - K - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W - X - Y - Z

(Tous les mots en italique dans cet article font l'objet d'une entrée dans le lexique)

A


AAU  (Assigned Amount Unit) - Une AAU est un permis d'émission négociable attribué à un État dans le cadre du Protocole de Kyoto. A la fin d'une période d'engagement, chaque État doit posséder autant d'AAU qu'il a émis de tonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre, s'il en possède plus il peut les vendre, s'il lui en manque il peut en acheter ou en obtenir via les mécanismes de flexibilité (MOC et MDP). Ne pas confondre avec EUA, CER ou ERU.

Adaptation - L'adaptation désigne l'ensemble des actions, individuelles ou collectives, qui ont pour effet de réduire la vulnérabilité d'une communauté au changement climatique (par opposition à l'atténuation qui vise à réduire l'ampleur du phénomène lui-même).

Additionalité - Une action est dite additionnelle par rapport à un mécanisme si elle n'aurait pas pu avoir lieu sans recours à ce mécanisme. L'additionnalité est une condition centrale dans l'attribution de crédit-carbone que ce soit des CER, des ERU ou des opérations de compensation volontaire. Par exemple, un projet de réduction des émissions mené dans le cadre du MDP doit démontrer qu'il n'aurait pas pu atteindre l'équilibre financier sans la revente des CER. Le terme est parfois aussi utilisé dans le domaine de l'aide publique au développement, dans ce cas il est tout simplement synonyme de nouveaux financements (par opposition à la réaffectation d'un budget déjà prévu).

Annexe I - L'annexe 1 de la Convention-Climat liste les pays considérés comme développés. Ils sont au nombre de 42 (+ l'UE) dont les pays industrialisés et les "économies en transition".Cette liste est centrale dans l'application du principe de responsabilité commune mais différenciée (ou CBDR).

Annexe II - L'annexe II regroupe les 23 pays de l'annexe I également membres de l'OCDE (+ l'UE). Ces pays dit "industrialisés" sont supposés aider les autres à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à s'adapter au changement climatique.

Annexe B - L'annexe B est composée des pays de l'annexe I auxquels ont été attribués des objectifs d'émissions dans le cadre de la première ou de la deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto.

AOSIS (Alliance of Small Island States, Alliance des petits États Insulaires) - Coalition de 44 pays insulaires ou côtiers très exposés aux effets du changement climatique. Ce groupe est très actif pour réclamer un accord ambitieux notamment en matière d'atténuation et de pertes et dommages. Les pays de l'AOSIS sont également membres du G77 mais ils s'en distinguent régulièrement par un discours plus volontariste.

APA (Ad Hoc Working Group on the Paris Agreement) - Groupe de travail spécial chargé de préparer la mise en œuvre de l'Accord de Paris. Il doit terminer ses travaux en 2018.

APD (aide publique au développement) - Dons et prêts à conditions préférentielles versés par les pays développés aux pays en développement. L'APD est un moyen à la disposition des pays de l'annexe II pour s'acquiter de leur obligation d'aider les pays en développement dans leurs efforts d'adaptation au changement climatique mais les aides dans ce domaines sont rarement additionnelles.

Atténuation - L'atténuation ("mitigation" en anglais) regroupe l'ensemble des actions qui visent à réduire l'ampleur du changement climatique, c'est-à-dire à contrôler des émissions de gaz à effet de serre (par opposition à l'adaptation qui cherche à réduire la vulnérabilité).

AWG-ADP (Ad-hoc working group on the Durban Platform for enhanced action) - Groupe de travail établi lors de la conférence de Durban (COP17) pour préparer l'Accord de Paris.

B


BINGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif BINGO regroupe les entreprises et leurs groupements. L'Union internationale des chemins de fer, l'Organisation internationale des constructeurs d'automobiles ou la Chambre de commerce internationale sont quelques-unes de organisations françaises au sein de ce collectif. Aujourd'hui, 15% environ des organisations accréditées pour les conférences de l'ONU appartiennent au collectif BINGO.

C


CBDR (Common but differenciated responsability, responsabilité commune mais différenciée) - Principe inscrit dans la Convention-Climat selon lequel les pays développés ont une responsabilité plus importante dans le réchauffement climatique et doivent fournir plus d'efforts pour résoudre le problème. Ce principe est à l'origine de la distinction entre pays de l'annexe I et pays hors-annexe I. (Pour plus de détails voir cet article)

CCNUCC (Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, ou simplement Convention-climat) - voir UNFCCC

CCS (Carbon capture and storage, capture et stockage du carbone) - Technologies destinées à atténuer le changement climatique en captant le CO2 en sortie des installations industrielles puis en le séquestrant, généralement dans un réservoir souterrain. Ces technologies sont loin d'être matures mais laissent espérer une solution au changement climatique ne nécessitant pas de modifier significativement notre consommation d'énergie et donc nos modes de vie.

CER (Certified emission reduction) - Permis d'émission négociable d'une tonne équivalent CO2 produit grâce au MDP, c'est-à-dire en finançant un projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans un pays hors-annexe I. Un CER peut être échangé contre une AAU et permettre à un pays de l'annexe B de remplir ses engagements. Certains CER (les "Green CER") peuvent aussi être échangés contre des EUA et utilisés sur le marché du carbone européen. Ne pas confondre avec AAU, EUA, ou ERU.

CH4 - Formule chimique du méthane (ou "gaz naturel"). Le CH4 est à la fois un combustible et un gaz à effet de serre avec un PRG à 100 ans 28 fois supérieur au dioxyde de carbone. Il fait partie des gaz visés par le Protocole de Kyoto. Il est rejeté essentiellement par les fuites des installations gazières et par l'agriculture.

CMA (COP serving as Meeting of the Parties to the Paris Agreement) - Réunion annuelle des parties à l'Accord de Paris. Elle se tient en même temps que la COP bien que formellement distincte. Les pays qui n'ont pas encore ratifié l'Accord de Paris (par exemple la Russie, l'Australie ou la Grande Bretagne) ne participent pas aux CMA. La première CMA (ou CMA1) aura lieu lors de la COP22 de Marrakech.

CMP (COP serving as Meeting of the Parties to the Kyoto Protocol) - Réunion annuelle des parties au Protocole de Kyoto. Bien que formellement distinctes, les CMP ont lieu en même temps que les COP. Les pays qui n'adhèrent pas au protocole de Kyoto (notamment les Etats-Unis et le Canada) ne participent pas aux CMP même si ils sont étroitement associés. La conférence de Paris sur le Climat était la 11e CMP et la 21e COP, d'où l'appellation COP21/CMP11. On rencontre parfois l'acronyme MOP (Meeting of the Parties).

CO2 - Formule chimique du dioxyde de carbone. C'est le principal gaz à effet de serre d'origine humaine, il est produit notamment par la combustion d'énergies fossiles, la réaction de calcification dans les cimenteries et la déforestation. Il fait partie des gaz visés par le protocole de Kyoto.

Co-bénéfice - On parle de co-bénéfice lorsqu'un projet produit des effets positifs en plus de son objectif principal. Cette notion est souvent utilisée pour "climatiser" l'aide au développement (APD) mais par définition ces projets ne sont pas additionnels (ex : la construction d'un barrage hydroélectrique peut produire un co-bénéfice en matière d'adaptation si elle permet de mieux gérer la ressource en eau et de faire face à des sécheresses plus longues).

Compensation - Transfert d'une réduction d'émission entre deux personnes ou deux projets en général contre paiement. Le principe de la compensation a donné naissance aux marchés volontaires du carbone (voir cette histoire de la compensation carbone).

COP (Conference of the Parties) - Réunion annuelles des parties à l'UNFCCC. La Conférence de Paris sur le Climat était la 21e COP, ou COP21.

Convention-Climat - voir UNFCCC 

Crochétiser (bracketing) - voir entre crochets

D


Décision - Accord entre les parties à l'UNFCCC ou au Protocole de Kyoto, adopté respectivement dans une COP ou une CMP. Les décisions sont juridiquement contraignantes.

Différentiation - voir CBDR

E


EIT (Economy in transition, Économie en transition) - Anciens pays soviétiques de l'Annexe I.

ENGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif ENGO regroupe les organisations de protection de l'environnement (par exemple Greenpeace ou le WWF). C'est, de loin, le plus nombreux : il représente environ 42% des organisations accréditées pour la COP21.

Émissions négatives (Négative emissions) - Gaz à effet de serre retirés de l'atmosphère par des méthodes écologiques (reforestation, gestion des sols...) ou technologiques. L'objectif de zéro émission nette fixé par l'Accord de Paris suppose le développement de ces filières. A ne pas confondre avec la CCS qui consiste à capter les gaz à effet de serre avant leur rejet dans l'atmosphère ou avec la compensation. Pour plus de détails consulter cette interview.

EnR (Énergie renouvelables) - Technologies permettant de produire de l'énergie sans consommer une ressource finie, en particulier sans énergie fossile ou combustible nucléaire.

Entre crochets - Lors des négociations climatiques, les points non-validés ou les variantes figurent entre crochets (par exemple, vous pouvez occuper 200 négociateurs pendant une journée entière en leur soumettant la phrase suivante : "We [shall] [should] do something"). Moins il y a de crochets, plus l'accord est proche...

Équivalent CO2 - Le calcul des PRG permet d'établir des équivalences entre gaz à effet de serre et d'exprimer l'ensemble des émissions par la quantité de CO2 qui aurait le même effet sur le climat à un horizon de temps fixé (en général un siècle). Par exemple, une tonne de méthane a un PRG à 100 ans de 25, donc une tonne de méthane "vaut" 25 tonnes équivalent CO2 (ou 21 TeqCO2).

ERU (Emission Reduction Unit) - Permis d'émission négociable d'une tonne équivalent CO2 produit grâce à la MOC, c'est-à-dire en finançant un projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans une économie en transition. Une ERU peut être échangée contre une AAU et permettre à un pays de l'annexe B de remplir ses engagements. Ne pas confondre avec AAU, EUA, ou CER.

ETS (European Trading Scheme) - Marché du carbone européen.

EUA (EU Allowance) - Permis d'émission d'une tonne équivalent CO2 utilisable dans le cadre du marché du carbone européen. Les EUA sont soit attribuées à titre gratuit aux entreprises concernées soit mises aux enchères. A la fin de la période, chaque entreprise doit présenter un nombre d'EUA correspondant à ses émissions de gaz à effet de serre, si elle en possède plus elle peut les vendre, s'il lui en manque elle peut en acheter, convertir des Green CER ou payer une amende. Ne pas confondre avec AAU, CER ou ERU.

F


Facilitateur - Négociateur chargé par le président de la conférence de consulter les différentes parties (généralement sur un sujet précis) puis de lui faire une proposition de consensus. Dans les COP, les facilitateurs travaillent généralement en binome, l'un issu d'un pays industrialisé, l'autre d'un pays en développement.

Fonds vert pour le climat (en anglais, Green Climate Fund) - Mécanisme financier crée lors de la COP16 de Cancun et rattaché à l'UNFCCC. Il a pour objectif de financer les projets d'atténuation et d'adaptation des pays en développement grâce aux fonds versés par les pays développés. Le montant et l'origine exacts des financements destinés au Fonds Vert restent débattus. Son siège se trouve à Songdo en Corée du Sud.

Fuite de carbone - Il s'agit des émissions qui se déplacent d'un pays de l'annexe B vers un pays dont les émissions ne sont pas limitées par le protocole de Kyoto, par exemple si le marché du carbone européen conduit des entreprises à délocaliser leurs activités polluantes vers la Chine ou l'Inde.

G


G77 + Chine - Groupe des pays en développement, il a été crée en 1964 par 77 pays, d'où son nom, mais en compte aujourd'hui plus de 130 dont la quasi-totalité des pays africains, sud-américains et asiatiques. C'est une coalition assez lâche avec des intérêts divergents notamment entre les pays les moins avancés ou l'AOSIS et les pays émergents.

GES (Gaz à effet de serre) - Gaz capable d'intercepter une partie du rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre, et ainsi de réchauffer l'atmosphère. Le protocole de Kyoto a pour objectif de réguler les émissions de certains gaz à effet de serre dont le CO2, le CH4, le N2O, des HFC et le SF6, il existe d'autres notamment l'ozone et la vapeur d'eau.

GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) - Organe international crée en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement afin de fournir une information scientifique pertinente aux gouvernements. Co-Prix Nobel de la Paix en 2007.

GHG (Greenhouse gases) - Voir GES

Groupe de l'intégrité environnementale - Coalition comprenant le Mexique, la Corée du Sud et la Suisse, elle se donne pour objectif de faciliter le dialogue entre pays riches et pays en développement.

Groupe parapluie - Coalition informelle regroupant en général les États-Unis, le Japon, la Russie, l’Australie, le Canada, l’Islande, la Nouvelle Zélande, la Norvège, et l’Ukraine. Il a pris la suite du JUSSCANNZ après le sommet de Kyoto. Pourquoi "groupe parapluie" ? Parce que tous les autres noms cool étaient déjà pris.

H


HFC (hydrofluorocarbure) - Famille de gaz qui a progressivement remplacé les CFC lorsque leur effet sur la couche d'ozone a été découvert. Les HFC ne présentent pas d'effet négatif pour l'ozone stratosphérique mais sont des gaz à effet de serre très puissants (avec un PRG parfois supérieur 1000).

High Ambition Coalition - Coalition en faveur d'un accord ambitieux formée dans les mois qui ont précédé la COP21. Elle compte une centaine de pays, notamment issus du G77 et de l'UE, et a été rejointe par le Brésil et les États-Unis pendant le sommet. Elle a été très active pour obtenir un accord juridiquement contraignant, une révision tous les 5 ans des engagements et l'objectif à long terme de zéro émission nette.

Hors-annexe I - Pays réputés en développement et ne figurant pas à l'annexe I de l'UNFCCC. Certains pays hors-annexe I ont un PIB par habitant supérieur à celui de pays de l'annexe I.

Hot air - Nom donné aux AAU excédentaires attribuées aux économies en transition dans le cadre du Protocole de Kyoto : en raison de la crise économique qui a suivi l'effondrement de l'URSS, les ex-pays soviétiques ont vu leurs émissions de gaz à effet de serre baisser rapidement et ont facilement atteint et dépassé leurs objectifs de réduction. Les AAU étant négociables, ils ont pu revendre leurs quotas d'émission à d'autres pays de l'annexe I qui ont ainsi atteint leurs objectifs sans réel effort d'atténuation.

I


Indaba - Mot zoulou désignant une réunion des anciens en vue de trouver un compromis sur un problème important. Il s'agit d'une méthode de consultation proposée pour la première fois par la présidence sud-africaine lors de la Conférence sur le climat de Durban (COP17) et largement utilisé dans la seconde semaine de la Conférence de Paris. Concrètement, c'est une réunion informelle portant généralement sur la recherche d'un compromis sur un sujet précis, à laquelle seuls les ministres ou les chefs de délégations (éventuellement accompagné d'un collaborateur) sont conviés.

INDC (Intended nationally determined contribution, en français : Contribution prévue  déterminée au niveau national, CPDN) - Dans le cadre de la plateforme de Durban (voir AWG-ADP), tous les pays ont été invités à communiquer avant la COP21 les réductions d'émission qu'ils envisagent de réaliser après 2020.  Les INDCs ont commencé à être remises au secrétariat de l'UNFCCC au printemps 2015. Presque tous les pays, dont la Chine, l'Union Européenne, la Russie, le Japon et les États-Unis, se sont acquittés de cette formalité dans les temps.

IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) - Voir GIEC

J


Juridiquement contraignant - En droit international, un accord juridiquement contraignant prime sur les lois nationales des pays qui l'ont ratifié, il peut être accompagné d'un mécanisme de contrôle du respect des engagements. A titre d'exemple, la Convention Européenne des Droits de l'Homme est juridiquement contraignante : si vous estimez qu'elle a été violée, vous pouvez saisir la CEDH et sa décision s'imposera même si elle est contraire aux lois du pays où vous résidez. Les traités internationaux et leurs protocoles additionnels, notamment, sont juridiquement contraignants. A l'inverse, un accord non-contraignant est un simple engagement politique sans valeur juridique. C'est le cas, par exemple, de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
Évidemment, dans les COP (comme dans toutes les négociations internationales, d'ailleurs), il est difficile d'obtenir un accord juridiquement contraignant : d'une part, les parties sont réticentes à prendre des engagements fermes, d'autre part un tel accord nécessite en général par une procédure de ratification longue et risquée politiquement (par exemple, aux Etats-Unis, les traités doivent être ratifiés par le Sénat à la majorité des deux-tiers). Lors de la COP17, à Durban, les parties se sont fixées comme objectif de parvenir en 2015 à "un protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale", ce qui laisse en suspens la nature exacte du futur accord de Paris.

JUSSCANNZ - Coalition de pays industrialisés pendant les négociations du protocole de Kyoto, elle a ensuite évolué pour former le groupe parapluie. Le nom vient de  l'acronyme en anglais pour Japon, États-Unis, Suisse, Canada, Australie, Norvège et Nouvelle-Zélande.

L


Landing zone - Terrain d'entente acceptable par tous, compromis respectant les lignes rouges de chaque parties. 

Legally binding - voir juridiquement contraignant

LGMA - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif LGMA regroupe les collectivités locales. Au sein de ce collectif, on trouve par exemple la Fédération des municipalités canadiennes ou la Conseil américains des maires.Ce collectif est peu nombreux : 1% environ des organisations accréditées pour la COP21.

Ligne rouge - Limite au-delà de laquelle un pays n'acceptera pas l'accord, par opposition aux points sur lesquels il peut envisager de transiger. Comme l'unanimité est nécessaire, le succès de la négociation repose souvent sur la capacité des facilitateurs a proposer un terrain d'entente respectant les lignes rouges de toutes les parties.

LULUCF (land use, land-use change and forestry) - Ensemble d'activités liées à l'utilisation des sols (agriculture, déforestation, afforestation...), elles sont suceptibles d'entrainer des émissions de gaz à effet de serre mais aussi de capter du dioxyde de carbone (par exemple dans le cas d'un programme de reforestation).

M


MBM (Mesures basées sur le marché, en anglais : Market-based measures) - Terme employé par l'Organisation de l'Avion Civile Internationale pour désigner toute mesure visant à réduire les émissions sans recours à la réglementation. Cela comprend notamment les marchés du carbone, les taxes et redevance sur les émissions et la compensation .

MDP (Mécanisme de développement propre, en anglais : Clean development mechanism ou CDM) - Mécanisme de flexibilité du protocole de Kyoto permettant de produire des permis d'émission (en l'occurence des CER) en finançant un projet de réduction des émissions dans un pays hors-annexe 1.

MOC (Mise en œuvre conjointe, en anglais : Joint implementation ou JI) - Mécanisme de flexibilité du protocole de Kyoto permettant de transférer des crédits carbone d'une économie en transition vers un pays industrialisé lorsque celui-ci finance un projet de réduction des émissions sur le territoire du premier. Dans ce cas, le pays financeur se voit attribuer des ERU et le pays dans lequel est mis en œuvre le projet se fait retirer le nombre correspondant d'AAU.

N


N2O - Formule chimique du protoxyde d'azote (alias oxyde nitreux ou "gaz hilarant"). Le N2O fait partie des gaz à effet de serre visés par le protocole de Kyoto, son PRG est de 298 sur un siècle. Il est essentiellement produit par des activités agricoles.

Non-paper - Document officieux publié pendant une conférence pour servir de base de négociation.

P


Partie - Les parties sont les États et les organisations qui ont ratifié un accord international. Dans le contexte des négociations climatiques, il s'agit généralement des parties à la Convention-Climat de 1992.

Pertes et dommages (en anglais : loss and damage) - La Convention-climat reconnait que les pays industrialisés doivent aider les pays en développement à réduire leurs émissions et à s'adapter aux effets du changement climatique, mais il s'agit bien d'une aide et pas d'une compensation pour les dommages subis. Certains pays en développement souhaitent que les pays industrialisés soient tenus pour responsables des "pertes et dommages" qu'ils subissent à cause du réchauffement et qu'un mécanisme soit mis en place pour les indemniser.

PMA (Pays les moins avancés, en anglais : Least developped countries) - Groupe de 48 pays définis par l'ONU comme les plus pauvres de la planète, les PMA sont aussi une coalition dans les négociation internationale sur le climat. Ils sont particulièrement actifs sur les questions d'adaptation.

ppm (partie par million) - Unité de mesure de la concentration, notamment utilisée pour la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère : la concentration de CO2 dépasse aujourd'hui 400ppm alors qu'elle était aux alentours de 280ppm avant le début de l'ère industrielle.

PRG (Pouvoir ou potentiel de réchauffement global) - Il existe de nombreux gaz à effet de serre dont la durée de vie et l'impact sur le climat sont différents. Le PRG est la quantité d'énergie renvoyée vers la surface par une tonne du gaz considéré pendant une période choisie (en général un siècle) divisée par la quantité d'énergie renvoyée vers la surface par une tonne de CO2 pendant la même période. Cette mesure permet de comparer l'effet de différents gaz sur le climat : par exemple, selon le dernier rapport du GIEC, le PRG du CH4 sur un siècle est de 28, sur cette période on peut donc considérer qu'une tonne de méthane (CH4) est équivalente à 28 tonnes de CO2. Il s'agit d'une approximation (en 1995, le GIEC évaluez le PRG du méthane à 21) qui peut, de plus, donner une vision très différente en fonction de l'échelle de temps choisie : sur un siècle, le méthane représente environ 20% des émissions de gaz à effet de serre humaines loins derrière le CO2 (70%) mais sur 20 ans, leurs contributions au changement climatique deviennent à peu près équivalement (respectivement 44 et 50%).

Q


QUELROs (Quantified emissions limitation and reduction objectives) - Il s'agit des objectifs d'émissions attribuées aux parties de l'annexe B par le protocole de Kyoto. Ces objectifs sont quantifiés et juridiquement contraignants.

R


Recommandation - Acte sans valeur juridiquement contraignante adopté lors d'une COP ou d'une CMP.

REDD+ - Mécanisme destiné à réduire les émissions de CO2 liées à la déforestation et de la dégradation des forêts tropicales.

Résolution - Acte adopté lors d'une COP ou d'une CMP mais de portée inférieure à une décision.

RINGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif RINGO regroupe les organisations de recherche et les organisations indépendantes. Concrètement, on y retrouve des universités, des think tanks et des ONG qui ne trouvent pas leurs place parmi les ENGO. ParisTech, l'INRA ou ATTAC font partie des organisations françaises au sein de ce collectif. Après le collectif RINGO est le plus nombreux après les ENGO, il représente 27% environ des organisations accréditée en 2015.

S


SF6 (Hexafluorure de soufre) - Un des gaz à effet de serre visé par le protocole de Kyoto. Son PRG à 100 ans est de 22.200. Il est principalement utilisé comme gaz inerte ou isolant dans l'industrie.

Shall/Should - "Shall" est un verbe anglais dont le sens juridique est ambigu : il peut signifier à la fois une obligation et une possibilité - la Constitution des Etats-Unis fournit des exemples fameux de ces deux sens et les procès visant à les distinguer font depuis longtemps la fortune des avocats. "Should" est la forme conditionnelle de "shall" ajoutant donc un degrès encore plus grand d'incertitude. L'arbitrage entre "shall" et "should" est un running gag des négociations climatiques : cette alternative entre une vague intention et une éventuelle volontée se trouve pratiquement à toutes les lignes des projets d'accord et chaque occurence peut donner lieu à d'interminables argumentations et marchandages entre négociateurs, suscitant la perplexité des observateurs et des non-anglophones.

T


TUNGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif TUNGO regroupe les organisations de travailleurs et les syndicats. C'est l'un des collectif les moins nombreux. La Confédération paysanne ou la Confédération syndicale internationale, par exemple, font partie de ce collectif peu nombreux (seules 13 organisations accréditées pour le COP21).

U


UE (Union Européenne) - Dans les négociations climatiques, l'Union Européenne a un statut qui s'approche de celui d'un État : elle est partie à la convention et au protocole de Kyoto et représentent ses États-membres dans les discussions (par exemple, dans le cadre du protocole de Kyoto, les objectifs de réduction sont fixés au niveau européen). Cependant, elle ne dispose pas de droit de vote.

UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change) - Traité international adopté lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992 et destiné à "stabiliser [...] les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique". Il compte aujourd'hui 196 parties. Le terme peut aussi désigner les organes de la convention, notamment le secrétariat de l'UNFCCC basé à Bonn.

V


V20 - Groupe de 20 pays parmi les plus exposés au changement climatique. Il comprend certains membres de l'AOSIS mais aussi le Bangladesh, l'Ethiopie, le Népal, le Vietnam...


Y


YOUNGO - Près de 2000 organisations non-gouvernementales sont accréditées pour participer aux COP/CMP. Elles sont réparties par collectifs, le collectif YOUNGO regroupe les organisations de jeunes. Parmi les organisations accréditées au sein du collectif YOUNGO, on trouve, par exemple, l'Organisation mondiale du mouvement scout ou le Réseau français des étudiants pour le développement durable.Ce collectif représente environ 3% des organisations accréditées pour assister à la COP21.

Z


Zéro émission nette - Objectif de long terme fixé par l'article 4 de l'Accord de Paris ("parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la  deuxième  moitié  du  siècle"). Il suppose l'élimination de la plupart de nos émissions de gaz à effet de serre et la compensation du reliquat par des émissions négatives.


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Publié le 27 août 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 1er novembre 2016


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